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Le programme des femmes

Saviez-vous que le mois d'octobre est le Mois de l'histoire des femmes au Canada?

Le Mois de l'histoire des femmes vise à souligner la contribution des femmes et à reconnaître que les réalisations de diverses femmes font partie intégrante de l’histoire de notre pays. Ce mois se veut aussi l'occasion de prendre conscience de l'héritage que nous ont transmis nos aïeules qui ont fait avancer la cause de l'égalité et pour renforcer notre sentiment de fierté à l'égard de nos réalisations collectives.

Cette année, le thème est « les Femmes autochtones ».  Nous afficherons une série de fiches informatives pour nous sensibiliser  aux contributions des femmes autochtones au Canada, à leurs collectivités et à leurs familles et des défis uniques auxquels elles sont confrontées.
Les fiches porteront sur les questions suivantes :


LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES AUTOCHTONES

La violence faite aux femmes et aux enfants autochtones résulte de pressions sociales constantes découlant des politiques gouvernementales imposées aux peuples autochtones. La marginalisation sociale et économique des femmes autochtones ajoutée aux politiques gouvernementales qui ont séparé les familles et les collectivités ont exposé un nombre démesuré de femmes autochtones à des situations dangereuses, à la pauvreté extrême, à l’itinérance et à l’industrie du sexe. La police s’est montrée indifférente au bien-être et à la sécurité de ces femmes et a laissé les transgresseurs de la loi échapper à la justice.1

La violence faite aux femmes autochtones a été soulignée dans le rapport préparé par Amnistie Internationale : On a volé la vie de nos sœurs: Discrimination et violence contre les femmes autochtones.  En 1996, les statistiques gouvernementales ont révélé que les femmes autochtones âgées de 25 à 44 ans, au statut défini par la Loi sur les indiens, étaient cinq fois plus susceptibles d’être victimes de violence et d’être assassinées que les autres femmes du même âge.2 Rien n’a changé.

Des années 1870 jusqu’au milieu des années 1980, en vertu de la Loi sur les Indiens, le gouvernement canadien a privé la femme autochtone de son statut d’Autochtone, ainsi que de son droit de vivre dans sa collectivité d’origine, si elle épousait un homme non-autochtone ou provenant d’une autre collectivité. Cette politique a entraîné le déplacement de dizaines de milliers de femmes autochtones, mettant en péril les liens avec leur famille et augmentant par le fait même leur dépendance face à leurs conjoints. À peu près en même temps, le gouvernement a imposé aux enfants autochtones l’éducation en résidence dans des écoles hors des réserves. Les enfants étaient pénalisés parce qu’ils parlaient leur langue ou pratiquaient leur culture et bon nombre d’entre eux ont vécu dans des conditions de vie inhumaines et ont été victimes d’abus physique et sexuel.3

Ces politiques ont entraîné l’érosion de la culture, le déplacement de générations de femmes autochtones, la séparation des enfants de leurs parents et un cycle de violence qui se poursuit aujourd’hui.

La recherche d’Amnistie Internationale fait ressortir que ces conditions ont contribué à accentuer le danger de violence auquel sont exposées les femmes autochtones dans les centres urbains au Canada. On le sait, les politiques gouvernementales ont chassé des générations de femmes et de jeunes filles autochtones de leur collectivité.  Nombreuses sont celles qui aujourd’hui doivent composer avec des conditions précaires dans les centres urbains canadiens et faire face aux stéréotypes sexistes et aux attitudes racistes envers les femmes et les jeunes filles autochtones. Un trop grand nombre de femmes et de jeunes filles autochtones ne sont pas suffisamment protégées par la loi et sont marginalisées à tel point que les personnes ayant commis des crimes violents à leur endroit s’en tirent à bon compte.4

Les femmes autochtones se tiennent debout

Malgré les obstacles qu’elles ont dû franchir constamment, les femmes autochtones ont réussi à s’organiser et à lutter depuis des décennies pour mettre fin à la violence.

L’organisation regroupant le plus grand nombre de femmes autochtones est sans doute l’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC). Cette organisation a été créée dans le but commun d'améliorer, de promouvoir et de favoriser le bien-être social, économique, culturel et politique des femmes des Premières nations et des Métisses au sein de leur collectivité et de la société canadienne.
(Énoncé de mission de l’AFAC : www.nwac-hq.org).

LaPauktuutit Inuit Women’s Association est une autre organisation d’importance ayant pour but de sensibiliser davantage la population aux besoins des femmes inuites, de promouvoir l’équité et les améliorations sociales et de favoriser la participation des femmes inuites dans la vie de leur collectivité, de leur région et de l’ensemble de la société canadienne.
(Énoncé de mission de la Pauktuutit Inuit Women’s Association : www.pauktuutit.ca)

La Pauktuutit, l’AFAC et leurs organisations sœurs dans chaque province et territoire continuent de défendre les intérêts des femmes autochtones, inuites et métisses de partout au monde, d’exercer des pressions et de lancer des projets pour aider ces femmes à avoir un avenir meilleur.

La campagne Sisters in Spirit a principalement pour but de dénoncer et de faire cesser l’extrême violence commise contre les femmes autochtones au Canada.

Le Cercle national autochtone, inuit et métis de l’AFPC (NAIM) appuie activement la campagne Sisters in Spirit et a fait de la violence contre les femmes autochtones et leurs enfants l’une de ses grandes priorités.

C’est grâce au leadership des femmes autochtones et à l’appui qu’elles reçoivent de leurs confrères autochtones, de leur collectivité, des syndicats et des groupes de justice sociale que les campagnes comme Sisters in Spirit ont réussi à sensibiliser la population et les différents gouvernements au problème de la violence contre les femmes autochtones.

Ces projets ont aussi permis d’obtenir d’importantes ressources afin de garantir aux femmes autochtones un endroit sûr où se réfugier en cas de besoin. Ils ont fait valoir un important droit de la personne qui n’était pas respecté depuis trop longtemps.

Pour contribuer à l’un de ces organismes, les appuyer ou obtenir des renseignements additionnels, consulter les liens suivants :

Campagne Sisters in Spirit : www.nwac-hq.org
Pauktuutit : www.pauktuutit.ca
Cercle NAIM de l’AFPC : www.psac.com

1 Rapport publié en octobre 2004 par Amnistie Internationale : On a volé la vie de nos sœurs : Discrimination et violence contre les femmes autochtones.
2 Idem.
3 Idem.
4 Idem.


Mise à jour : 26/10/06