L'équité salariale
Le 25 mai 2001
Une autre victoire pour l’équité
salariale : les tribunaux habiletés à rendre leurs jugements
La Cour d’appel fédérale a rétabli le processus des tribunaux pour les
membres de l’AFPC au gouvernement des Territoires du Nord-Ouest (GTNO) et à
la Société canadienne des postes.
Le 24 mai 2001, la Cour a invalidé la décision qu’un tribunal inférieur
avait rendue à la fin de l’année dernière, et qui interrompait
effectivement les activités de tous les tribunaux des droits de la personne
saisis des plaintes relatives à l’équité salariale, et de bien d’autres
tribunaux saisis d’autres plaintes de discrimination.
Dans ses tentatives persistantes pour faire échouer les démarches des
opératrices de téléphone et les employé-e-s de bureau pour obtenir l’équité
salariale, Bell Canada avait prétendu, devant la Cour fédérale, que le
tribunal saisi de ces plaintes n’était pas indépendant ou impartial.
Autrement dit, que le tribunal était trop étroitement associé avec la
Commission des droits de la personne pour rendre une décision juste.
La Cour d’appel fédérale a rejeté cet argument et invalidé la décision
de la Cour fédérale, qui était d’accord avec la position de Bell et avait
interrompu le travail des tribunaux. Le gouvernement des Territoires du
Nord-Ouest, qui faisait valoir des arguments semblables, s’était joint à
Bell devant la Cour.
Les membres de l’AFPC à Postes Canada avaient été particulièrement
frustrés lorsque les tribunaux avaient été bâillonnés par la première
décision. La cause de ces membres dure depuis 1983. Après des centaines de
jours d’audiences, leur tribunal était rendu à l’étape finale lorsque les
procédures ont été interrompues.
Dans son jugement sur la cause du GTNO, la Cour a signalé la position
hypocrite du gouvernement.
« À mon avis, l’appelant [GTNO], dans ce que je ne peux qualifier
que de démarche désespérée ou d’effort inutile ( un coup d’épée dans l’eau),
soutient qu’il y a appréhension raisonnable de parti pris découlant du fait
que les trois membres [du Tribunal], qui touchent une indemnité quotidienne,
pourraient prolonger indéfiniment l’audience de la plainte afin de soutirer
plus d’argent au gouvernement. Je crois qu’il convient d’insister pour
dire que la position de l’appelant est quelque peu à l’opposé de son
propre comportement dans ces procédures, qui montre un manque d’ardeur et d’état
de préparation pour étudier rapidement la plainte sur le fond. Faut-il
répéter que la plainte a été déposée initialement en mars 1989 et que,
douze ans plus tard, et après quatre examens judiciaires (tous demandés par l’appelant),
l’affaire reste encore à régler sur le fond. « [notre traduction]
Manifestement, il est temps que ces employeurs cessent de recourir aux
tribunaux pour se soustraire à la question véritable - payer à leurs
employé-e-s des salaires non discriminatoires.
Le jugement de la Cour d’appel fédérale demeure en vigueur à moins d’être
annulé par une décision de la Cour suprême, si celle-ci décide d’entendre
la cause. Bell et le GTNO étudient le jugement et n’ont pas encore fait
savoir s’ils allaient demander l’autorisation d’en appeler à la Cour
suprême. Les motifs d’un appel sont très restreints, et la Cour suprême ne
donne son autorisation que dans très peu de causes. Par conséquent, les
tribunaux peuvent reprendre leurs activités. L’AFPC va insister pour que des
nouvelles dates d’audiences soient fixées le plus rapidement possible.
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