Justice au travail
Syndicat!
Presse canadienne, juin 2001
Les Canadiennes syndiquées
sont plus susceptibles de gagner le même salaire que les hommes
Toronto - Une étude sur la situation de
l'emploi chez les Canadiennes indique que les femmes ne gagnent
que 60% du salaire des hommes pour un travail équivalent, mais
peuvent obtenir jusqu'à 83% de ce salaire si elles occupent un
emploi syndiqué.
« L'écart est moins important pour les femmes
syndiquées », explique Karen Hadley, qui a rédigé le rapport
sur le statut des femmes en milieu de travail pour le Comité
canadien d'action sur le statut de la femme.
Selon Mme Hadley, les femmes qui travaillent
pour une entreprise syndiquée ont plus de chances de gravir les
échelons à cause d'avantages tels que la sécurité d'emploi, la
protection salariale et les services de garde à l'enfance.
Elle précise que ses conclusions sont basées
sur des données de Statistique Canada - qui n'ont pas été
rendues publiques - indiquant que les Canadiennes ont une
situation économique inférieure à celle des hommes.
Selon le rapport, le revenu moyen d'une femme
après impôts en 1998 n'était que de 16 662$; cette même
année, les hommes gagnaient en moyenne 9 075$ de plus que les
femmes.
Les femmes occupant des emplois syndiqués à
plein temps gagnaient en moyenne 29 000$ par année. Les hommes
occupant des emplois similaires gagnaient 35 000$ par année, une
différence de 6 000$.
« Peut-être que les femmes occupant d'autres
emplois gagnent des salaires plus élevés, mais le marché du
travail se modifie, » a indiqué Hadley.
Elle a ajouté que plusieurs femmes préfèrent
s'en tenir à des emplois traditionnellement considérés comme «
féminins », notamment dans le domaine de la santé, dans
l'enseignement et dans les bureaux, en raison des salaires plus
élevés offerts dans les milieux syndiqués.
Ceci, a ajouté Hadley, permet aux femmes
d'échapper au cycle de la pauvreté, où elles doivent dépendre
de l'aide sociale et des autres aides gouvernementales pour
survivre.
« Ceci suggère qu'il y a des façons de
permettre aux femmes de sortir de ce système, a indiqué Carolyn
Egan, présidente de la section 3800 du Syndicat des
métallurgistes unis à Toronto. Selon Egan, les femmes qui ont
accès aux garderies et aux autres avantages offerts aux
syndiqués sont souvent en mesure de mener une vie productive, au
travail comme au foyer.
« La syndicalisation a un impact réel sur le
niveau de revenu, les avantages sociaux offerts et les régimes de
retraite, a-t-elle indiqué. C'est pourquoi les femmes se tournent
vers la syndicalisation à des niveaux supérieurs à ce qu'ils
étaient par le passé. »
Marika Morris, coordonnatrice à l'Institut
canadien de recherches sur les femmes, souligne que même si les
syndicats aident à combler l'écart salarial, d'autres
initiatives sont également nécessaires.
« La syndicalisation est une avenue, mais nous
devons également examiner les politiques publiques, a-t-elle
ajouté. À moins de mettre en place des mesures pour assurer
l'égalité des femmes, vous aurez toujours de la pauvreté et des
femmes gagneront toujours moins. »
Morris a ajouté que plusieurs emplois dans le
domaine des ventes et des services sont détenus par des femmes et
que cette industrie n'a pas les structures disponibles pour
permettre la syndicalisation.
Elle a indiqué que les femmes détenant des
postes de direction doivent contribuer à sensibiliser l'opinion
face à ce déséquilibre salarial vécu par la plupart des
femmes.
« C'est la responsabilité de chacun de
régler ce problème, a-t-elle dit. Les femmes gagnent moins à
tous les niveaux et dans tous les secteurs. »
© La Presse canadienne, 2001
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