Droits de la personne
Mois du patrimoine africain / Mois de l’histoire des Noirs
Février est le mois du patrimoine africain
Dans
un esprit de solidarité, l'AFPC désire reconnaître
l'immense contribution des Canadiennes et des Canadiens noirs et
d'origine africaine au développement du Canada.
Ce sont les gens qui détiennent le pouvoir qui font l'histoire
et qui la racontent. C'est ainsi qu'on a fait abstraction des sacrifices
et des réalisations des Noirs et des gens d'origine africaine
au Canada et ailleurs dans le monde.
On célèbre cette année le 79 e anniversaire
du Mois de l'histoire des Noirs et du Mois du patrimoine africain.
Cet événement annuel des plus importants s'inscrit
dans le cadre d'une campagne visant à corriger le déséquilibre
dans l'histoire et à reconnaître tous ceux et celles
qui ont contribué au développement de nos collectivités
et de notre pays. Il faudra récrire l'histoire en tenant
compte non seulement des Noirs et des gens d'origine africaine,
mais de l'ensemble de la société.
L'AFPC renouvelle son engagement à lutter contre le racisme
au travail et dans le syndicat. C'est pourquoi, afin de souligner
le mois de l'histoire des Noirs et le Mois du patrimoine africain,
l'AFPC affichera sur son site Web une page spéciale mettant
en vedette ses militantes et militants noirs et d'origine africaine
qui ont grandement contribué à façonner notre
syndicat et nos collectivités.
Comme l'écrit Rosemary Sadlier de la Société
d'histoire des Noirs de l'Ontario : « Lorsqu'on
aura reconnu la contribution et les réalisations des Noirs
et des gens d'origine africaine, lorsqu'on parlera d'eux régulièrement
dans nos programmes éducatifs, nos livres et nos médias,
et lorsqu'on les traitera équitablement, le Mois de l'histoire
des Noirs n'aura plus sa raison d'être. »
Naissance d'une coalition de syndicalistes noirs
Être membre d'un syndicat c'est, pour bien des travailleuses et travailleurs noirs, le moyen le plus efficace, et le plus puissant, de réaliser l'égalité économique, sociale et politique en Amérique du Nord. Mais avant d'en arriver là, le mouvement syndical doit se transformer de l'intérieur, ce que savent pertinemment les travailleuses et travailleurs noirs.
C'est d'ailleurs pour cette raison, entre autres, que cinq leaders syndicaux noirs des États-Unis ont décidé, en 1972, que les travailleuses et travailleurs noirs et de couleur devaient avoir voix au chapitre au sein du mouvement syndical. Il y avait aussi, à l'origine de cette décision, l'amère déception causée par la position de neutralité adoptée par le conseil de direction de l'AFL-CIO durant l'élection présidentielle de 1972 entre Richard Nixon et George McGovern. De toute évidence, les travailleuses et les travailleurs noirs ne pouvaient rester neutres à l'endroit de Nixon, l'homme qui avait gagné la présidentielle de 1968 grâce à la Southern Strategy, qui prônait le maintien de l'ordre et le droit des États. Ce plan avait deux objectifs : gagner l'appui de l'électorat blanc et conservateur du Sud des États-Unis et contrer l'essor du mouvement des droits civiques.
Grâce aux efforts des cinq chefs syndicaux noirs, la Coalition of Black Trade Unionists (CBTU) a vu le jour en septembre 1972. Lors de l'assemblée de fondation, les participantes et participants ont adopté la déclaration de principes suivante : augmenter le nombre de dirigeantes et dirigeants noirs au sein des sections locales et assurer une plus grande présence des Noirs et des femmes au sein du conseil de direction de l'AFL-CIO.
Depuis lors, la Coalition tient un congrès annuel et organise régulièrement une conférence des femmes. La CBTU est le premier organisme syndical à avoir adopté et mis en application des résolutions sur l'Afrique du Sud, la Namibie et le Zimbabwe. Aujourd'hui, plus de 50 syndicats nationaux et internationaux sont représentés à la CBTU, qui compte 57 sections aux États-Unis et une au Canada.
La section canadienne, établie en Ontario, a été officiellement créée en 1996. Mais la lutte pour la reconnaissance, par le mouvement syndical, des enjeux prioritaires que sont le racisme et la discrimination avait commencé bien avant. Plus de 10 ans auparavant, les militantes et militants syndicaux avaient lancé une campagne visant à accroître le nombre de sièges réservés aux personnes de couleur au sein des conseils d'administration du Congrès du travail du Canada (CTC) et de la Fédération du travail de l'Ontario (FTO).
En 1987, les délégations au congrès de la FTO ont élu la première personne de couleur au CA de la Fédération : Herman Stewart, de l'Union internationale des ouvriers et ouvrières du vêtement pour dames.
Puis, en 1990, lors de l'assemblée statutaire du CTC, à Montréal, Dory Smith a contesté la liste de candidats proposés. Résultat : plus de 1 000 votes en sa faveur. À l'assemblée suivante, le CTC a proposé de réserver un siège à une personne de couleur, mais la CBTU en réclamait deux. Au final, deux personnes de couleur ont été élues au conseil d'administration du CTC.
La CBTU s'est aussi attaquée à la sous-représentation des personnes noires et de couleur au sein du personnel des syndicats. Pour mettre en évidence cette exclusion systémique, elle a produit un bulletin sur les pratiques d'embauche des syndicats.
Les initiatives de la CBTU s'étendent jusque dans les collectivités. La section de l'Ontario, par exemple, offre des bourses d'études à des étudiantes et étudiants afro-canadiens. Tous les ans, elle rend hommage à des militantes et militants communautaires lors d'un dîner d'honneur parrainé par des organismes syndicaux, dont l'AFPC. La CBTU a rendu hommage récemment à Bromley Armstrong, un militant syndical et communautaire, qui, dans les années 40 et 50, a lutté âprement contre les pratiques discriminatoires en vigueur dans les secteurs du logement et de la restauration. M. Armstrong, un Afro-Canadien, a reçu l'Ordre du Canada pour sa contribution à la société canadienne.
La CBTU-Ontario fait partie de la coalition d'organismes communautaires afro-canadiens qui veulent discuter avec le maire de Toronto et les premiers ministres du Canada et de l'Ontario d'initiatives visant à prévenir les actes de violence commis avec des armes à feu.
Sources et informations complémentaires :
Site Web de la section ontarienne de la Coalition of Black Trade Unionists : www.cbtu.ca
Janice Gairey, présidente de la section ontarienne :
(416-443-7687); jgairey@ofl.ca
L'origine du Mois de
l'histoire des Noirs
En 1926, Carter G. Woodson, historien afro-américain,
instaurait la Negro History Week afin de reconnaître
l'histoire, la culture et les réalisations des Afro-américains.
M. Woodson a choisi la deuxième semaine de février
pour les célébrations, parce qu'il voulait les rattacher
aux dates des anniversaires de l'abolitionniste noir Frederick Douglass
(7 février) et de l'ancien président américain
Abraham Lincoln (12 février). En 1976, dans le cadre des
Fêtes du bicentenaire des États-Unis, l'événement
prenait de l'ampleur pour devenir le National Black History
Month .
Au Canada, les premières célébrations
officielles de l'histoire des Noirs remontent au début des
années 1950. À cette époque, la Canadian
Negro Women's Association avait fait pression sur le conseil
municipal de Toronto pour que soit célébrée
la Semaine de l'histoire des Noirs. Par la suite, ce mouvement a
perdu son élan. Ce n'est qu'à la fin des années
1970 que le conseil municipal, après avoir subi des pressions
de la Société d'histoire des Noirs de l'Ontario, nouvellement
créée, a suivi l'exemple des États-Unis et
déclaré le mois de février comme Mois de l'histoire
des Noirs.
Au Canada, le Mois de l'histoire des Noirs a été
reconnu en décembre 1995. Jean Augustine, députée
fédérale et secrétaire parlementaire de Jean
Chrétien, alors premier ministre, a présenté
la motion suivante, qui fut adoptée à l'unanimité
par la Chambre des communes le 14 décembre 1995 :
« Que cette Chambre prenne note de l'importante
contribution de la population noire canadienne à l'établissement,
à la croissance et à l'essor du Canada, de la diversité
de la communauté noire au Canada et de son importance
dans l'histoire du pays, et qu'elle reconnaisse le mois de février
comme le Mois de l'histoire des Noirs. »
Activités de l'AFPC pour
combattre la discrimination raciale et le racisme
1) Tous les trois ans, l'AFPC organise une Conférence
Unité afin de permettre à ses membres des minorités
visibles discuter des enjeux qui leur sont pertinents. Le financement
de cette conférence a été doublé et
est maintenant de 300 000$. Certains éléments et certaines
régions organisent aussi des événements pour
leurs membres de minorité visibles.
2) L'AFPC encourage aussi ses membres des minorités visibles
à organiser des comités d'action, des comités
des droits de la personne et des comités contre le racisme.
Ainsi les membres peuvent discuter des enjeux dans les régions
et au niveau des sections loales. Le congrès triennal de
l'AFPC a adopté une résolution afin de fopurnir la
somme de 20 000$ pour ces comitéset autres groupes d'équité.
3) Depuis des années, l'AFPC combat le racisme et supporte
les programmes d'équité en embauche. Depuis 1999,
l'AFPC est dotée d'une politique contre le racisme et a exhorté
le gouvernement fédéral à adopter une politique
nationale contre le racisme qui comprendrait des programmes d'équité
en embauche et des projets contre le racisme. L'AFPC a aussi fait
la pomotion d'une telle politique, notamment lors des audiences
du Groupe consultatif externe de Faire place au changement.
De plus, l'AFPC s'est fait entendre à ce sujet par le Rapporteur
spécial sur les droits dl'homme des Nations Unies en visite
au Canada en Septembre 2003.
Membres de l'AFPC provenant de la communauté
noire ou africaine
Theresa Halfkenny
Joe Parris
Trudy Samuel
Richard Sharpe
Olive Jackson
Pansy Waterman
Dorothy Boulin
Romeo Jackson
Joan Schroeder
Il
lui a suffi d'assister à une ou deux conférences
du Congrès du travail du Canada pour que Theresa
Halfkenny se passionne pour le mouvement syndical. « Ces
conférences m'ont ouvert les yeux et m'ont fait comprendre
notre rôle dans le mouvement », dit-elle.
Employée de Ressources humaines et Développement
des compétences (auparavant DRHC) à Amherst en Nouvelle-Écosse,
Theresa est membre du SEIC et présidente de la section locale
depuis deux ans. Au cours de ses vingt-deux années à
DRHC, Theresa a occupé de nombreux postes dont celui de commis
au traitement des demandes et d'agente d'enquête et de contrôle
Elle était à DRHC depuis cinq ans lorsqu'elle s'est
mise activement aux affaires syndicales, ce qui l'a amenée
à suivre des cours sur le syndicalisme. En plus d'occuper
le poste de présidente de la section locale, Theresa a été
première suppléante de la représentante pour
les groupes raciaux visibles au sein du Comité d'accès
à l'égalité et, à titre de directrice
du Conseil de l'Atlantique, a siégé au Comité
des communications et au Comité de la santé et de
la sécurité.
Theresa s'est toujours impliquée dans sa communauté :
elle a été membre des conseils du YMCA et de la Société
multiculturelle de la Nouvelle-Écosse et a été
vice-présidente, Équité en matière d'emploi
et Relations interraciales, à l'Association des conseils
de police de la Nouvelle-Écosse. Elle a été
la première femme de race noire à siéger au
conseil municipal d'Amherst. Elle se voue à la cause des
femmes en collaborant plus qu'à son tour aux activités
de la Journée internationale de la femme et à celles
de la Journée commémorative du 6 décembre.
À l'heure actuelle, elle fait partie du Comité consultatif
des citoyens de l'établissement Dorchester de Service correctionnel
du Canada et sert de contact pour l'établissement de Springhill.
Elle est aussi vice-présidente des Services à l'enfance
et à la famille et vice-présidente de la section Amherst
du Club international Zonta. Elle prend souvent la parole devant
des élèves d'écoles élémentaires
et secondaires dans le cadre de manifestations comme le Mois du
patrimoine africain et la Journée internationale pour l'élimination
de la discrimination (21 mars). À l'occasion des célébrations
du 125 e anniversaire du Canada, elle se voyait décorer de
la médaille commémorative.
« Mon
père s'est toujours impliqué dans le mouvement syndical
(les métallurgistes) », de déclarer Joe
Parris , président de la section locale de l'AFPC
en Nouvelle-Écosse. « J'ai d'ailleurs l'impression
qu'il m'a en quelque sorte laissé certaines de ses expériences
en héritage … », ajoute-t-il. Et c'est bien peu
dire lorsqu'on constate la contribution de Joe à la cause
syndicale depuis 1994 et les innombrables postes qu'il a occupés
à l'Alliance et à la Fédération du travail
de la Nouvelle-Écosse.
Joe fait partie du comité exécutif de la Fédération
du travail de la Nouvelle-Écosse en sa qualité de
vice-président suppléant représentant l'AFPC;
depuis sept ans, il siège au Comité des droits de
la personne et de la lutte contre le racisme de la Fédération.
Employé de la fonction publique fédérale en
1991, il est aujourd'hui chef d'équipe intérimaire
à l'Agence du revenu du Canada. Son intérêt
pour les questions d'équité en matière d'emploi
n'a pas manqué d'attirer l'attention à l'Alliance :
l'insistance de Dave Shaw, lui-même chef d'équipe,
a convaincu Joe de jouer un rôle plus grand au syndicat, d'abord
comme troisième vice-président de la section locale
et ensuite comme premier vice-président. Et c'est d'ailleurs
grâce à Dave que Joe s'est trouvé à la
Fédération du travail de la Nouvelle-Écosse.
En 2003, l'ADRC, de son ancienne appellation, a décerné
à Joe le Prix d'excellence en services communautaires soulignant
ainsi son infatigable lutte pour l'égalité, le respect
et la promotion des gens de couleur en Nouvelle-Écosse. Il
préside le comité de l'emploi de gens de race noire
du Cap Breton, une organisation dont le mandat est de recruter et
de former des candidats potentiels à l'emploi de la communauté
noire.

Trudy Samuel
vient d'une famille convaincue du rôle déterminant
qu'ont joué les syndicats dans l'établissement des
droits de la personne au Canada.
« Mes grands-oncles et mon grand-père
étaient syndicalistes, explique-t-elle. Mes grands-oncles
étaient membres de la Fraternité des porteurs de wagons-dortoirs.
Ce syndicat, composé exclusivement de Noirs, a transformé
radicalement les conditions de travail des Noirs au Canada. Quant
à mon grand-père, un vétéran de la Deuxième
Guerre mondiale, il a toujours porté avec fierté les
couleurs du syndicat durant sa carrière chez Massey-Ferguson,
le fabricant de machinerie agricole. »
« Dans ma famille, on comprend le sens
du mot solidarité . On sait que la collaboration
est essentielle au bien-être collectif. Une pensée
résume bien notre philosophie : l'honneur personnel
entraîne l'honneur collectif; de même, la déchéance
personnelle entraîne la déchéance collective. »
Trudy habite à Yellowknife, dans les Territoires
du Nord-Ouest, depuis quatre ans. Elle est membre de l'Élément
de l'Environnement et participe activement aux activités
de l'AFPC. Trudy est conseillère principale en programmes
autochtones et communautaires au ministère de l'Environnement
du Canada. Au nombre de ses tâches, elle doit, d'une part,
surveiller les négociations sur les revendications territoriales
et l'autonomie politique des Autochtones et, d'autre part, appuyer
les interventions communautaires en matière d'environnement.
Vice-présidente de la section locale, Trudy
en a assumé la présidence par intérim pendant
quelques mois à l'automne et à l'hiver. Très
active au sein du mouvement syndical, elle siège au comité
régional des femmes de l'AFPC et, à titre de représentante
des droits de la personne, à la fédération
du travail des Territoires du Nord-Ouest.
« Je me suis impliquée parce que
je me soucie de mes collègues et de mon lieu de travail »,
avoue-t-elle.
Trudy est aussi très active dans la collectivité :
secrétaire du conseil des personnes ayant un handicap des
T.N.-O., membre du comité organisateur du marathon 2004 (initiative
du club Yellowknife MultiSports), du comité de travail du
programme Northern Youth Abroad et de la coalition pour la loi sur
les droits de la personne des T.N.-O. La cause des femmes est un
autre dossier qui lui tient à cœur, d'où sa participation
au Women's Healing Circle et à divers événements
(le 6 décembre, La rue, la nuit , la Journée
internationale des femmes, par exemple).
Le militantisme de sa mère l'inspire. Robin
Samuel a travaillé à Statistique Canada à titre
de commis pendant 35 ans et était très active au sein
de l'Élément National.
« Maman a toujours eu le courage de défendre
ses convictions : la justice, l'équité et la
joie de vivre, même lorsqu'on est à court d'argent,
qu'il faut payer le loyer et que les gens crient après vous,
raconte Trudy. Elle m'inspire parce qu'elle a pris des risques.
Elle nous a laissé deux leçons en héritage :
d'abord, que les acquis et les avantages dont nous profitons aujourd'hui
résultent des luttes d'hier. Puis, qu'à un moment
donné, quelqu'un s'est sacrifié pour que nous puissions
habiter un État pacifique, décrocher un emploi correct
et toucher un salaire adéquat. Au sein du mouvement syndical,
maman a pu employer ses dons pour faire du monde un monde meilleur.

Richard Sharpe ,
un membre du Syndicat de l'Agriculture, est inspiré par les
gens qui font l'histoire du mouvement noir. Parmi les personnages
historiques, il admire Malcolm X – un être intransigeant,
érudit et ouvert. « Ce qui en faisait un grand
homme, c'était son aptitude à raffermir ses positions
en puisant dans ses connaissances et en s'appuyant sur les changements
qui survenaient à l'échelon local et international »,
explique Richard.
Deux autres militantes l'inspirent : Wilma Findlay,
un membre de l'AFPC, et Lynn Jones, la militante syndicale afro-canadienne.
Ce sont elles, d'ailleurs, qui ont convaincu Richard de s'impliquer
dans le mouvement syndical en lui montrant la capacité des
syndicats à s'attaquer aux problèmes d'iniquité
en milieu de travail. L'engagement de ces deux militantes envers
la justice et l'équité est source d'inspiration pour
Richard.
Analyste des politiques à la Commission canadienne
des grains, Richard œuvre au sein du mouvement syndical depuis 1997.
L'élément déclencheur fut la Conférence
des Autochtones et des travailleurs et travailleuses de couleur
du Congrès du travail du Canada. À l'AFPC, Richard
agit comme représentant des groupes raciaux visibles au sein
du Comité d'accès à l'égalité.
Il siège aussi au comité sur les droits de la personne
de Winnipeg et a été membre du regroupement des travailleurs
et travailleuses de couleur de la fédération du travail
du Manitoba.
Richard est aussi très engagé dans la
lutte contre le racisme. Il siège à trois organismes
qui s'emploient à corriger les inégalités entraînées
par le racisme : le réseau Workers of Colour Support
du Manitoba (à titre de rédacteur), le Conseil national
des minorités visibles de la fonction publique fédérale
(à titre de secrétaire national) et le sous-comité
de lutte contre le racisme du Conseil de planification sociale de
Winnipeg.
Richard accorde beaucoup d'importance aux contributions
des militantes et militants syndicaux de race noire. « Le
peuple haïtien a été le premier, en 1804, à
se libérer du joug de l'eurocolonialisme. Il s'agissait,
en grande partie, de gens de race noire soumis à l'esclavage
des Espagnols, des Français et des Britanniques. La révolte
du peuple haïtien, qui s'inscrivait dans le courant révolutionnaire
de l'époque, visait à donner aux travailleurs et travailleuses
le droit de jouir du fruit de leur labeur. »
Olive
Jackson est d'avis que les femmes noires
ont de tout temps joué un rôle clé dans la collectivité
en s'employant à garder les églises vivantes et les
familles unies. Elles ont assumé un rôle de premier
plan dans la défense des droits.
Selon Olive, les militantes noires sont perçues comme des
modèles et des motivatrices. Elle cite en exemple la militante
syndicale noire de longue date Lynn Jones. Lynn a été
un modèle et une motivatrice pour plusieurs membres des groupes
raciaux visibles maintenant engagés dans leur syndicat. Olive
a également parlé de Rosemary Brown comme d'une grande
motivatrice pour plusieurs femmes noires, dont elle-même.
Employée de Travaux publics et Services gouvernementaux en
Nouvelle-Écosse, Olive travaille actuellement à un projet
spécial de la Garde côtière concernant les phares.
Elle s'est impliquée dans l'AFPC et le Syndicat des services
gouvernementaux depuis 1991, après avoir été
profondément marquée et grandement motivée par
la grève de l'AFPC en 1991. Elle est membre du Comité
de lutte contre le racisme et du Comité régional des
femmes. Elle a été représentante de son Élément
et a participé à diverses conférences de l'AFPC,
notamment aux Conférences nationales des femmes, aux conférences
régionales des femmes et à la conférence Unité.
Elle a siégé au bureau de direction de sa section
locale, et elle participe au programme de financement de sa section
locale, ainsi qu'au programme de parrainage d'une famille pour Noël.
Dans la collectivité, Olive s'occupe de son église
ainsi que de campagnes au profit de la banque d'alimentation et
de refuges pour hommes et femmes.
L'expérience
personnelle de la discrimination raciale en milieu de travail a
incité Pansy Waterman à s'impliquer
dans le syndicat. Elle est rapidement devenue secrétaire
de sa section locale de l'Union des employés de la Défense
nationale dans la région de la capitale nationale et a aidé
ses collègues aux prises avec des problèmes au travail.
Pansy est agente de conservation au ministère de la Défense
nationale, à Ottawa, et a été active au sein
de l'AFPC depuis 1979. Elle est membre du conseil d'administration
de l'Association des retraité-e-s de l'Alliance de la fonction
publique, ancien membre du Comité d'action des membres des
groupes raciaux visibles de l'AFPC, ancienne présidente et
représentante de la section locale 70611 d'Uplands de l'UEDN.
En tant que militante au sein de la collectivité, Pansy
se préoccupe surtout des questions des personnes ayant un
handicap. Elle est membre du conseil d'administration de la Coalition
ontarienne des personnes ayant un handicap et bénévole
aux Jeux Olympiques spéciaux. Elle anime également
une activité de deux heures à l'intention de jeunes
handicapés, tous les vendredis.
Son militantisme s'inspire de Martin Luther King et Nelson Mandela.
Dorothy
Boulin n'a pas ménagé les efforts dans son
milieu de travail, sa collectivité et son syndicat pour lutter
contre le racisme et la discrimination.
Autrefois membre de l'Élément National de l'AFPC,
Dorothy est passée à l'Institut professionnel de la
fonction publique du Canada (IPFPC) lorsqu'elle a été
promue à l'extérieur de son unité de négociation.
Au sein de l'AFPC, Dorothy a présidé pendant de nombreuses
années le Comité d'action des membres des groupes
raciaux visibles de la Région de la capitale nationale, comité
qu'elle a contribué à fonder et qui était le
premier groupe d'équité régional du syndicat.
Pendant plusieurs années, elle a agi à titre
d'agente de promotion des membres de son Élément auprès
des sections locales du Conseil du Trésor. Dirigeante
de section locale, elle a occupé diverses charges et participé
activement au sein de sa section locale pendant 22 ans. Née
en Jamaïque, Dorothy est d'origine africaine-antillaise. Dorothy
a longtemps œuvré au sein de la communauté jamaïcaine
canadienne et des groupes religieux et communautaires de la Région
de la capitale nationale.
Romeo
Jackson considère le dossier de la santé
et de la sécurité comme prioritaire à l'AFPC.
Agent de vérification de l'observation à l'Agence
des services frontaliers du Canada (Vérification et service
des douanes), Romeo est devenu militant syndical après avoir
exprimé ses préoccupations personnelles au sujet des
conditions de travail dangereuses de ses collègues. Il est
aujourd'hui représentant de santé et de sécurité
pour sa section locale de la Customs Excise Union Douanes Accise
(CEUDA) et militant régional en santé et sécurité
au sein du groupe de travail sur le plan d'action 2004.
Romeo s'occupe également des questions d'équité
au travail et dans sa collectivité. Il dit que son intérêt
pour cette question lui vient d'un membre de l'AFPC, Ranjit Perera.
En 2001, ce dernier a eu gain de cause dans une plainte au motif
de la discrimination raciale au travail, déposée devant
la Cour fédérale contre l'Agence canadienne de développement
international (ACDI).
« Ranjit a dû soulever des montagnes, souligne
Romeo, qui est aussi représentant d'équité
en emploi au sein de l'AFPC. Je sais maintenant que nous avons besoin
d'autres personnes de son calibre dans les lieux de travail. Il
est pour moi une source d'inspiration et je vais suivre son exemple.
»
Romeo est également membre formateur de l'AFPC. À
ce titre, il a participé à la conférence nationale
Unité 2003, à l'École d'automne et aux activités
de formation de sa section locale. Il est président du conseil
régional de London, et il prête son concours à
la campagne de syndicalisation de l'AFPC visant les commissionnaires
de Windsor.
Au sein de sa collectivité, il participe activement à
la vie de son église. Il est aussi très engagé
auprès de l'Urban Alliance of London, un organisme-cadre
pour tous les groupes minoritaires visibles de London, qui a lancé
une Journée de la diversité au travail.
Joan Schroeder a toujours fortement
appuyé le syndicat, mais elle s'est impliquée plus
directement au sein de l'AFPC il y a environ un an, après
avoir suivi certains cours de formation et être devenue
déléguée syndicale.
« J'ai décidé de m'impliquer davantage lors
de notre dernière ronde de négociations, souligne
Joan, membre du Syndicat des employés des postes et communications.
J'ai pris part aux activités syndicales et constaté
le besoin d'une plus grande représentation dans notre secteur.
J'étais convaincue de bien comprendre les problèmes
qu'éprouvent mes collègues et j'ai voulu faire ma
part en devenant leur porte-parole. »
Joan travaille à Postes Canada comme représentante
du service à la clientèle au Centre de contact avec
la clientèle de Winnipeg. Elle est présidente de sa
section locale pour le Manitoba et le nord-ouest de l'Ontario, et
elle participe à toutes les réunions conjointes de
santé et de sécurité.
Elle est représentante de l'AFPC et secrétaire au
sein du Groupe des travailleuses et des travailleurs de couleur.
Elle a occupé les postes de représentante au sein
du comité de santé et de sécurité et
de déléguée syndicale.
Joan est aussi bénévole pour un organisme qui offre
du soutien en cas d'urgence, des services et de l'aide aux populations
des pays en développement.
Elle affirme que les militantes et les militants noirs ont contribué
au mouvement syndical en permettant aux gens de couleur de se faire
entendre et en leur servant de modèles.
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