Droits de la personne
DÉDICACE
La présente publication est dédiée à tous
les membres de l'AFPC ayant un handicap. Puissions-nous appuyer notre syndicat dans les
bons et dans les mauvais moments et continuer à bénéficier de son appui pour régler
les questions qui nous concernent.
Nous profitons aussi de l'occasion pour reconnaître les
mérites des dirigeantes et des dirigeants élus et du personnel de l'AFPC, aussi bien
handicapés que temporairement bien portants*, qui ont travaillé particulièrement fort
pour aider les membres ayant un handicap à trouver leur voie et leur place à
l'intérieur de l'Alliance.
La présidente, CSMH de la RCN,Anne
Whitehurst
* Temporairement bien portants est un terme pour
désigner les personnes qui n'ont pas de handicap, mais qui pourraient néanmoins, à
n'importe quel moment, se trouver accidentellement handicapées du fait d'un accident ou
d'une maladie.
La présente publication
Développement des ressources humaines Canada (DRHC) a reconnu en 1995 l'important
travail que l'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) avait réalisé pour
créer un syndicat plus accessible aux membres ayant un handicap et pour intégrer plus de
membres ayant un handicap aux activités syndicales. Cette reconnaissance a revêtu la
forme du financement à partir du Programme de participation des personnes handicapées de
la présente publication de façon à ce que d'autres syndicats puissent lire ce que
l'Alliance a fait pour intégrer davantage ses membres ayant un handicap. Les fonds du
Programme de participation des personnes handicapées ont aussi aidé l'Alliance à tenir
la conférence ACCÈS '95, où on a interviewé des membres de l'AFPC ayant un handicap
sur leurs expériences à l'intérieur du syndicat et en milieu de travail. Toutes les
parties de la présente publication reflètent leurs commentaires.
L'objectif principal du présent rapport consiste à
échanger de l'information avec d'autres syndicats sur les initiatives prises
conjointement par les membres de l'AFPC ayant un handicap et leur syndicat. Nous croyons
que cela intéressera également les associations de personnes handicapées. À une
époque où tous les groupes voués à la protection des programmes sociaux et des droits
de la personne trouvent essentiel d'établir entre eux des réseaux, la présente
publication offre aux groupes et aux associations de personnes handicapées un regard
intérieur sur ce qu'un syndicat a fait pour contribuer à lutter en faveur des droits des
personnes handicapées.
Le présent examen des activités qui, à l'intérieur de
l'AFPC, sont centrées autour des questions touchant les personnes handicapées, sera
principalement axé sur l'ensemble des initiatives adoptées au niveau de l'Alliance.
Même si un travail particulier a été effectué à l'intérieur de certains Éléments
et de certaines sections locales et régions, ces activités ne sont pas le point de mire
du présent rapport.
Enfin, la présente publication donne aux membres, aux
dirigeantes et dirigeants élus et au personnel de l'AFPC, une chance d'inventorier ce qui
a été fait pour faire progresser les questions touchant les personnes handicapées et ce
qui reste à faire sur ce plan. À la conférence ACCÈS '95, les membres de l'AFPC ayant
un handicap ont souvent formulé des commentaires sur les progrès qui ont été
réalisés et qui ont rendu l'Alliance plus accessible et consciente de leurs besoins. Ils
se sont cependant aussi montrés vigilants face aux préoccupations et aux questions
auxquelles il faut encore s'attaquer. Ces points sont aussi mis en relief dans le présent
document.
La présente publication a été ébauchée par Anne
Whitehurst, présidente du CSMH de la RCN, et élaborée en consultation avec une foule de
militantes et de militants ayant un handicap, de dirigeantes et de dirigeants et de
membres du personnel de l'AFPC.
Elle débute par un aperçu de l'Alliance de la Fonction
publique du Canada et de sa structure. Elle porte ensuite sur l'action en faveur des
personnes handicapées au sein du syndicat et à partir de là sur une certaine partie du
travail en cours qui facilite la participation à l'intérieur de notre syndicat des
membres de l'AFPC ayant un handicap.
L'Alliance de la
Fonction publique du Canada
En janvier 1996, l'Alliance de la Fonction publique du
Canada représentait environ 160 000 travailleuses et travailleurs, dont 90 %
étaient assujettis à la Loi sur les relations de travail dans la fonction publique
fédérale et 10 % avaient comme employeurs des organismes réglementés par le
gouvernement fédéral ou les gouvernements provinciaux ou territoriaux.
L'échantillon de membres de l'Alliance ayant un handicap
qui ont assisté à la conférence ACCÈS '95 illustre la diversité des milieux de
travail, des métiers et des professions de ces membres. Les participantes et participants
provenaient d'une foule d'employeurs, y compris d'Agriculture et Agro-alimentaire Canada,
de Développement des ressources humaines Canada, de la Défense nationale, de Statistique
Canada, de la Monnaie royale et de Revenu Canada. Leurs emplois étaient également
diversifiés et englobaient des domaines comme la recherche en laboratoire, le travail de
soutien financier et/ou administratif, l'usinage en atelier, la rédaction de la
correspondance ministérielle et la transcription des délibérations des tribunaux.
Comme les autres membres de l'AFPC, ceux et celles qui ont
un handicap s'attendent à ce que leur syndicat les représente à l'intérieur de leur
milieu de travail et à la table de négociation et défende leurs droits dans l'arène
politique.
Connaître la structure de l'Alliance et la façon dont
elle s'acquitte de son mandat est une tâche formidable. Les membres ayant un handicap se
joignent aux autres membres pour rassembler de telles connaissances par l'entremise des
cours de l'AFPC et d'ateliers à des conférences et en devenant plus actifs à tous les
niveaux du syndicat.
La structure de l'AFPC subit actuellement de grands
changements. Au congrès triennal de 1994 de l'AFPC, l'Alliance a entrepris une
restructuration majeure qui exige la régionalisation d'un Comité exécutif de l'Alliance
(ou CEA, l'organisme qui dirige quotidiennement le syndicat) élargi. Le nombre
d'Éléments formant le syndicat, qui est actuellement de 17, sera également réduit par
l'entremise de fusions.
L'Alliance de la Fonction publique du Canada, dont le
siège social est situé à Ottawa, a été fondée en 1966. Elle dispose actuellement de
23 bureaux régionaux répartis dans tout le pays et de représentantes et représentants
qui fournissent de l'appui aux membres par l'entremise de programmes d'éducation et de
l'aide qu'ils prodiguent aux groupes de promotion de l'équité comme les CSMH et les
comités régionaux de femmes. Voir l'annexe A pour les adresses des bureaux régionaux.
Au niveau de la base il y a 17 syndicats ou Éléments
desservant les membres de l'AFPC qui correspondent généralement aux ministères du
gouvernement fédéral. Chaque membre de l'AFPC est membre d'une section locale qui fait
partie d'un Élément qui fait partie lui-même de l'Alliance de la Fonction publique du
Canada.
- Syndicat de l'Agriculture
- Syndicat de l'Emploi et de l'Immigration du Canada
- Customs Excise Union Douanes Accise
- Élément de l'Environnement
- Élément national
- Syndicat de la Santé nationale et du Bien-être social
- Syndicat des Approvisionnements et Services
- Union canadienne des employés des Transports
- Syndicat des Employés de l'Énergie, Mines et Ressources
- Union des employés de la Défense nationale
- Syndicat des travailleurs du Nord
- Syndicat des employés des postes et communications
- Syndicat des employés des Travaux publics
- Syndicat des Employé-e-s du Solliciteur général
- Syndicat des employé-e-s de l'impôt
- Syndicat des employé(e)s des Anciens combattants
- Syndicat des Employé-e-s du Yukon
Les mesures en
matière de Handicaps au sein de l'AFPC : 1990-1995
Introduction
En planifiant la présente section, nous avions
pensé établir des sections nettes et ordonnées qui traiteraient des comités spéciaux
des membres ayant un handicap, des conférences ACCÈS pour les membres ayant un handicap,
de la diffusion d'information à l'extérieur, de l'accessibilité et de l'action
politique. En rédigeant la présente section, nous avons découvert qu'il est
artificiel et franchement difficile de séparer ces activités. Elles sont toutes
importantes en elles-mêmes, mais elles sont beaucoup interreliées à l'intérieur du
développement de la sensibilisation aux personnes handicapées et de l'action en leur
faveur au sein de l'AFPC.
Nous commencerons donc par une approche chronologique qui
mettra en relief les points de repère qui sont importants à mesure que les membres de
l'AFPC ayant un handicap s'engagent davantage à l'intérieur de l'Alliance et que cette
dernière devient plus accessible. Cela permettra de présenter et de tracer les façons
dont les membres, les dirigeantes et dirigeants élus et le personnel collaborent pour
amener l'Alliance à progresser au niveau des questions touchant les personnes
handicapées.
Établissement du premier CSMH
Une activité majeure au sein de l'Alliance, centrée
autour des questions touchant les personnes handicapées, a débuté au début des années
90 lorsqu'un groupe de membres de l'AFPC de la région de la capitale nationale (RCN)
ayant un handicap se sont réunis pour discuter de leurs préoccupations et pour mettre au
point un mécanisme afin de porter ces préoccupations à l'attention de la direction
syndicale. En mars 1990, ce groupe s'est fondu à l'intérieur du premier comité spécial
des membres de l'AFPC ayant un handicap (CSMH) et a entrepris officiellement son travail
d'élaboration de stratégies destinées à promouvoir au sein de l'Alliance le règlement
des questions touchant les personnes handicapées. L'agente aux droits de la personne de
l'AFPC a joué le rôle de personne-ressource au début des réunions du groupe.
D'autres membres de l'AFPC ayant un handicap commençaient
aussi à prendre contact avec le Bureau des droits de la personne et désiraient demeurer
au courant des activités du groupe jusqu'à ce qu'ils puissent mettre sur pied un CSMH
dans leur secteur.
Pendant que le CSMH commençait à fonctionner, d'autres
groupes de promotion de l'équité s'organisaient et faisaient connaître leurs
préoccupations. L'un des premiers groupes mis sur pied, le groupe de soutien des
lesbiennes et des gais (GSLG), avait déjà posé les jalons de son travail actif de
lobbying au niveau des questions d'équité. Le comité spécial des minorités visibles
(CSMV) de la RCN se réunissait également et élaborait un plan d'action.
Le CSMH de la RCN a rencontré la direction syndicale en
1990 et fait des exposés à différents forums syndicaux, y compris au Forum des droits
de la personne au congrès triennal de 1991 de l'AFPC. Ces mesures ont contribué à
inscrire les questions touchant les personnes handicapées au programme du syndicat.
En même temps que le CSMH de la RCN s'organisait et
présentait des exposés, on se préoccupait de plus en plus des questions touchant les
personnes handicapées à l'intérieur des Éléments de l'AFPC. Les Comités des droits
de la personne et d'accès à l'égalité des Éléments offraient de l'espace où les
membres étaient invités à parler de ces questions et à élaborer des mesures pour
amener des changements au niveau d'aspects comme l'accessibilité. Une vaste résolution
(voir l'encadré) demandant à l'Alliance d'étudier sérieusement les besoins
d'accessibilité de ses membres ayant un handicap fut présentée au congrès triennal de
1991 de l'AFPC.
[Traduction] «FP 2000 doit définir un plan d'action
qui offrira des solutions aux obstacles suivants qui ont actuellement ou qui auraient de
graves effets sur le moral des fonctionnaires ayant un handicap :
1. le manque actuel d'accessibilité des immeubles et
des installations du gouvernement;
2. le manque d'information sous des formats médiatiques
de substitution; et
3. les programmes de formation qui n'offrent pas l'aide
et les commodités nécessaires.»
(Exposé de Patty Holmes, du comité spécial des
membres ayant un handicap de la région de la capitale nationale; extrait du rapport de la
Commission de l'AFPC sur le moral dans la fonction publique fédérale, 1990)
La résolution générale 482 n'a pas atteint l'étape de
la discussion en assemblée au congrès, mais elle a ultérieurement été adoptée en
tant que politique par le Conseil national d'administration de l'Alliance (le principal
organisme de prise de décisions du syndicat entre les congrès). Cette politique s'est
traduite en une directive à l'intention des chefs de directions de l'AFPC, leur
enjoignant de tenir compte de l'accessibilité dans le cadre de la planification et de
l'organisation de toutes les réunions de l'Alliance.
[Traduction] «"Tenez les réunions syndicales
dans des endroits accessibles de manière à ce que nous puissions y assister" a
fortement suggéré Veronica (Healy). "Produisez la documentation de l'Alliance en
caractères d'imprimerie, sur ruban ou en braille. Assurer l'interprétation gestuelle ou
orale aux réunions. Faites équiper les téléphones d'une commande du volume."
Michel Charbonneau, un membre de l'Union des employés
de la Défense nationale, a déclaré qu'il n'est pas difficile de devenir handicapé,
mais qu'il est difficile de vivre avec un handicap. "C'est par l'entremise d'études
statistiques, de comités de la santé et de la sécurité et de comités locaux de
consultation patronale-syndicale qu'on apprend à vivre avec son handicap."
Charbonneau a déclaré qu'il est temps que "nous agissions davantage à l'intérieur
du syndicat et que le syndicat vienne davantage à nous. Le syndicat doit accepter trois
principes : la consultation, l'action et l'information."»
(Extraits tirés de la revue Alliance de mai-juin
1991 englobant un exposé livré par Veronica Healy et des commentaires de Michel
Charbonneau formulés au Forum des droits de la personne, au congrès triennal de 1991 de
l'AFPC)
Résolution générale 482 du congrès triennal
de 1991 de l'AFPC
SOURCE : NAT (413) E
[Traduction]
ATTENDU QUE l'employeur a maintenant pour politique
d'engager des gens qui ont des handicaps physiques/mentaux (au niveau de ouïe, de la vue,
etc.);
ATTENDU QUE l'Alliance de la Fonction publique du Canada
n'a pas pris de dispositions relativement à la disponibilité de l'équipement ou des
gens nécessaires pour permettre aux membres handicapés physiquement ou mentalement
d'assister aux conférences, aux congrès, aux colloques, etc.);
QU'IL SOIT RÉSOLU QUE l'Alliance de la Fonction
publique du Canada prenne les mesures nécessaires pour assurer la disponibilité de
l'équipement et/ou des gens nécessaires pour permettre à ses membres handicapés
physiquement ou mentalement d'assister à toutes les réunions de l'Alliance;
QU'IL SOIT EN OUTRE RÉSOLU QUE les formulaires de
demande notamment soient révisés pour permettre aux membres d'y indiquer le type
d'équipement ou de gens dont ils ont besoin pour assister aux réunions de l'Alliance.
À mesure que le CSMH et que d'autres groupes à
l'intérieur du syndicat définissaient les besoins des membres ayant un handicap,
l'Alliance prenait l'engagement de mieux servir ces derniers. L'éducation
des membres, des dirigeantes et dirigeants, et du personnel, relativement à la façon de
le faire, a suivi cet engagement. L'Alliance a choisi de se renseigner sur
l'accessibilité et les commodités en écoutant ses membres. Les principales voies de
communication des idées et des suggestions des membres ont été les représentantes et
représentants des membres ayant un handicap siégeant au comité d'accès à l'égalité
(CAE) de l'AFPC, les CSMH et les conférences ACCÈS pour les membres de l'AFPC ayant un
handicap.
Le Comité d'accès à
l'égalité de l'AFPC
Le comité d'accès à l'égalité (CAE) est un comité
permanent du Conseil national d'administration de l'AFPC. Il est présidé par le
vice-président exécutif ou la vice-présidente exécutive de l'AFPC responsable des
questions d'équité; il se composait jusqu'en 1992 d'un représentant ou d'une
représentante de chacun des 18 Éléments de l'Alliance. À ce moment-là, on a élargi
le CAE en y ajoutant huit sièges pour assurer la représentation des groupes visés par
la politique sur les droits de la personne. À la suite d'un appel ouvert de demandes aux
membres de l'AFPC qui appartenaient aux quatre groupes désignés, on y a nommé deux
membres des minorités visibles, deux autochtones, deux personnes ayant un handicap, ainsi
qu'un gai et une lesbienne. Le mandat du CAE a été révisé pour rendre compte de cet
élargissement.
Veronica Healy et Michel
Poitras, deux membres de l'AFPC s'intéressant activement aux questions touchant les
personnes handicapées, ont été nommés au comité. L'une et l'autre et Pat Derrick, qui
a remplacé Veronica Healy, y ont régulièrement parlé des questions touchant les
personnes handicapées, en particulier d'accessibilité, et sensibilisé le comité sur ce
plan. En 1995, Barbara Townsend-Batten et John Ruppel ont remplacé Michel et Pat pour un
mandat de trois ans en qualité de représentant-e-s responsables des questions touchant
les personnes handicapées. Ils continuent à sensibiliser davantage les autres membres du
comité et le personnel de l'AFPC aux exigences et aux problèmes des membres de
l'Alliance ayant un handicap.
"Ça commencé quand l'Alliance a réservé un
siège au Comité à l'égalité dont deux des personnes ayant des handicaps. Là on a
demandé de reconnaître notre place, nos droits. Avant aucun document en braille ou en
cassette . . . De là on a fait une nouvelle politique pour membres ayant un
handicap."
(Michel Poitras, Montréal, Québec)
[Traduction]
«Je trouve que comme personne handicapée je suis
acceptée et encouragée par mes camarades membres du comité d'accès à l'égalité de
l'AFPC. On tient compte de mes opinions et on prend du temps pour en discuter. Je suis
certaine que nous ferons des progrès à mesure que notre groupe acquerra de l'expérience
et que ses membres deviendront plus à l'aise entre eux. Le travail semble aller
lentement, mais je pense que c'est le reflet de la difficulté de communiquer entre les
réunions et non pas un obstacle particulier à notre organisation. Peut-être que des
conférences téléphoniques trimestrielles entre les représentantes et représentants
qui siègent au comité d'accès à l'égalité et les présidentes et les présidents des
CSMH seraient utiles.»
(Barbara Townsend-Batten, London, Ontario)
Accès '93 : Création de
réseaux
En 1993, les membres de l'AFPC ayant un handicap ont fait
monter de plusieurs crans l'intérêt pour les questions touchant les personnes
handicapées. Le comité spécial des membres ayant un handicap de la région de la
capitale nationale et l'Alliance ont obtenu conjointement des fonds pour «ACCÈS '93 :
Création de réseaux», la première conférence nationale tenue au Canada pour les
syndiqué-e-s handicapés à l'intérieur du mouvement syndical. Environ 75 syndiqué-e-s,
principalement de l'Alliance, mais représentant aussi d'autres importants syndicats
canadiens, ont assisté à cette conférence, qui a été organisée par des syndiqué-e-s
handicapés pour des syndiqué-e-s handicapés et qui a porté sur les questions touchant
les personnes handicapées dans l'optique de la partie syndicale. Cette conférence, qui a
eu lieu à Toronto du 16 au 18 avril 1993, avait pour objectifs :
- de développer et de renforcer un réseau national de
membres de l'AFPC ayant un handicap; et
- d'élaborer des recommandations bien précises sur les
questions touchant les personnes handicapées en vue de leur présentation à l'AFPC.
ACCÈS '93 a obligé l'Alliance à planifier et à
réaliser une conférence qui a porté sur l'étude d'une vaste gamme d'exigences
concernant ses membres ayant un handicap. Afin que la conférence soit accessible à ces
membres, ses organisateurs ont dû y assurer l'interprétation en langage ASL et en
langage des signes québécois (LSQ) et l'amplification du son et fournir du matériel de
conférence en braille et en caractères d'imprimerie. On a aussi dû y répondre aux
exigences d'un grand nombre de participantes et participants accompagnés de
chiens-guides, aux différents besoins des personnes en fauteuil roulant et à d'autres
exigences de mobilité.
[Traduction]
«Premièrement, quand je suis arrivée à la
conférence ACCÈS '93, c'était extrêmement réjouissant de voir la grande diversité de
personnes handicapées qui pouvaient y participer. C'était incroyable comment l'AFPC
avait réussi à fondre tous les différents besoins des gens qui assistaient aux
réunions. J'étais vraiment fière de cela. Aussi, quand je suis retournée chez moi,
j'étais motivée et contente. C'est à peine si j'ai pu attendre pour parler à mes
consoeurs et confrères de ma formidable expérience.»
(Marnie Fabbri, Winnipeg, Manitoba)
(Réponse de Shirley Short à une question dans laquelle
on lui demandait si elle avait un message pour d'autres membres de l'AFPC ayant un
handicap.)
[Traduction]
«Je leur dirais simplement de participer aux activités
du syndicat parce que c'est un forum où on peut non seulement discuter de ses problèmes
et les exprimer, mais où on est vraiment écouté; les gens écouteront vos
préoccupations; ils s'intéressent à vos préoccupations. Alors, si vous participez à
l'action de votre syndicat, vous avez un forum où exprimer vos plaintes, si vous le
voulez. Et c'est beaucoup plus facile quand on sait qu'on n'est pas seul. C'est la chose
qui me revenait, qui m'est revenue immédiatement une fois chez moi après la conférence
ACCÈS '93. Avant cela, je ne savais pas; je pensais que j'étais la seule qui avait des
problèmes.»
(Shirley Short, Toronto, Ontario)
Avec cette conférence, l'AFPC a fait un formidable bond en
avant dans sa connaissance des exigences des personnes ayant un handicap. Il a fallu
effectuer des recherches afin de rassembler l'information et développer les compétences
nécessaires pour répondre aux exigences de ces membres. Comme l'animateur des
conférences de l'AFPC l'a cependant souligné : «Les spécialistes sont les gens
qui ont le handicap.»
Il est devenu très clair que les commodités ne pouvaient
pas, et ne devaient pas, être mises dans les mêmes grandes catégories, mais doivent
plutôt répondre aux problèmes bien définis d'accessibilité dans chaque cas. Par
exemple, «caractère d'imprimerie» renvoie ordinairement à un type de caractère en 14
points ou davantage, mais ce que nous avons découvert, c'est que pour certains membres la
taille n'avait pas d'importance. Ce dont ils avaient besoin, c'est que la documentation
soit en caractères gras. D'autres membres ont besoin de caractères de 20 points ou plus
pour les trouver utiles. ACCÈS '93 a clairement démontré qu'il est avantageux
d'écouter les membres et d'apprendre d'eux.
ACCÈS '93 a sensibilisé davantage les dirigeantes et
dirigeants élus et le personnel de l'AFPC aux besoins et aux problèmes de ses membres
ayant un handicap et a fourni à ces membres de l'information sur le syndicat.
ACCÈS '93 a aussi été une première expérience du
syndicat pour beaucoup de membres ayant un handicap qui s'y trouvaient. Ces membres ont
non seulement appris comment fonctionne le syndicat et en quoi consistaient leurs droits
en milieu de travail, mais ils ont aussi commencé à établir des liens avec d'autres
participantes et participants. Ce fut la nature positive de cette expérience qui a amené
certains des participants et participantes à se joindre aux CSMH après la conférence
et, dans certains cas, à travailler à la création de nouveaux CSMH.
ACCÈS '93 a aussi été une expérience positive pour les
membres ayant un handicap parce que cette conférence a donné aux participantes et
participants une chance d'entendre définir leurs besoins à l'intérieur de résolutions.
De cette conférence est sorti un grand nombre de résolutions axées sur la fourniture
aux membres ayant un handicap d'un meilleur accès à l'Alliance et sur la découverte de
moyens qui leur permettraient de continuer à faire connaître leur présence à
l'intérieur du syndicat. (Voir l'annexe B pour une copie de ces résolutions.)
Un pourcentage élevé de ces résolutions a atteint le
stade de la discussion en assemblée au congrès triennal de 1994 de l'AFPC. Les
représentantes et représentants des membres ayant un handicap étaient peu nombreux au
congrès, mais solidement déterminés. Shirley Short, la seule déléguée ayant un
handicap visible, a eu des conciliabules avec d'autres membres handicapés qui se
trouvaient au congrès en qualité d'observateurs. Ce groupe a fait pression en faveur des
résolutions et appuyé les personnes temporairement bien portantes siégeant au comité
des résolutions générales qui se sont employées à protéger la substance des
résolutions sur les handicaps et à leur conserver leur importance à l'ordre du jour du
congrès.
Politiques de l'AFPC sur les
Handicaps
Toutes les résolutions sur les handicaps sauf une ont
atteint l'étape de la discussion en assemblée au congrès triennal de 1991 de l'AFPC et
ont été adoptées. Grâce à ces résolutions, l'AFPC dispose :
- d'une politique sur les médias de substitution (voir
l'annexe C);
[Traduction]
«Alors je lui ai dit, combien d'autres
délégués/déléguées ayant un handicap vont à la conférence? Et elle a dit,
"Vous êtes la seule". Mais quand je suis arrivée au congrès, le lundi soir,
on a annoncé qu'il y aurait un caucus pour le groupe de personnes handicapées. Et alors
j'ai pensé, c'est formidable! Peut-être qu'on va être des tas.
Je me suis rendue au caucus et là nous étions
cinq : moi, Sylvie, Anne, Michel et Peter. Tous les autres étaient des observateurs.
Alors nous avons passé en revue les questions et Anne a dit "Tu sais, sens-toi libre
de te lever et de parler de n'importe quelle de ces questions demain, Shirley." Et
j'ai dit "Merci, bien sûr Anne." Ouais, ouais.
Mais j'avais toute cette documentation en braille, ce
qui était réellement bien parce que, à ce moment-là, j'étais habituée à l'endroit
où on était. Alors, quand ils ont dit c'est le comité des résolutions générales,
j'ai pu aller directement à elle et au moment où elle l'a lue je suis allée la trouver
et je l'ai identifiée comme l'une des nôtres. Puis, Hershey et moi nous nous sommes
précipitées au micro et nous avons eu du plaisir, vous savez.»
(Shirley Short, Toronto, Ontario)
[Traduction]
«Je suis ravi des progrès que nous avons réalisés
depuis la conférence ACCÈS '93. Je suis ravi de la collaboration que nous avons obtenue
à l'intérieur du syndicat aussi bien au niveau de la direction qu'au niveau de
l'adoption au congrès de résolutions. Et, en ma qualité de vétéran des congrès
syndicaux, je suis bien au fait de certains des combats, des débats qui se déroulent
pour faire adopter des résolutions. Les résolutions qui avaient trait aux droits des
personnes handicapées ont essentiellement soulevé des tas de commentaires positifs.»
(Byron Bolick, région de la capitale
nationale)
La résolution en faveur de l'établissement du Fonds
d'accessibilité à l'intention des sections locales a été adoptée au congrès triennal
de 1994 pour aider les sections locales de l'AFPC à voir à ce que leurs événements et
leurs réunions soient accessibles. Les lignes directrices relatives à l'administration
du fonds ont été conjointement élaborées par les militantes et militants des CSMH et
par l'AFPC.
Les sections locales peuvent demander une subvention
pouvant atteindre jusqu'à la moitié du montant de l'objet ou du service. On leur demande
de fournir une évaluation après la tenue de l'événement ou de la fourniture du service
en question et, pour encourager pareille chose, on retient le paiement jusqu'à la
réception de l'évaluation. Cela s'avère trop bureaucratique. Comme Barbara
Townsend-Batten (de London, Ontario) l'a dit : [traduction] «Il faut perfectionner
davantage le fonctionnement du fonds de 10 000 $ pour le rendre plus accessible.
C'est trop compliqué.»
- d'un plan d'action au sujet des initiatives de
l'employeur relatives à l'équité en matière d'emploi pour les personnes handicapées
(voir l'annexe D);
- d'un fonds de 10 000 $ pour les sections
locales afin de les aider à assurer pour les membres ayant un handicap l'accessibilité
des réunions et des événements des sections (on peut obtenir des copies de ces lignes
directrices des bureaux régionaux de l'Alliance)
- d'un mandat pour élaborer une politique détaillée sur
les questions touchant les personnes handicapées et l'action syndicale possible à ce
niveau et des fonds s'y rattachant pour voir à ce que les membres ayant un handicap
soient pleinement associés à l'élaboration de l'ébauche de cette politique.
Comités spéciaux des membres
de l'AFPC ayant un handicap
ACCÈS '93 a aussi donné naissance à l'établissement, à
travers le pays, d'un plus grand nombre de comités des membres ayant un handicap. En plus
du CSMH mis sur pied à Montréal et de celui établi dans la RCN, des CSMH se sont depuis
formés à Whitehorse, Winnipeg, London, Toronto, Halifax et St. John's. Également, des
comités mixtes de l'équité ont récemment été créé à Québec, Calgary et Edmonton
par des membres d'un groupe de promotion de l'équité pour étudier différentes
questions, y compris les handicaps.
Avec les compressions et la réorganisation des milieux de
travail en cours, certains de ces CSMH ont fusionné ou sont à l'heure actuelle inactifs.
Les adresses postales de ces CSMH sont toutefois encore valides (voir l'annexe E) et les
bureaux régionaux de l'AFPC ont la responsabilité de fournir leur appui à celles et à
ceux qui sont intéressés à reconstituer un comité.
Comme toutes les autres activités syndicales, l'existence
d'un CSMH exige un important engagement de la part de ses membres. Il faut du temps et de
l'énergie et créer des réseaux pour mettre sur pied un comité, le maintenir en
activité et faire progresser ses priorités. Le manque de fonds réservés pour acquitter
certaines dépenses comme les dépenses de déplacement et de téléphone constitue pour
les CSMH une grave difficulté. Il est crucial pour les membres ayant un handicap qui
forment ces comités d'obtenir constamment de l'appui de leur bureau régional.
Les bureaux régionaux de l'AFPC ont pour mandat de fournir
une foule de services aux membres de l'Alliance. Leur rôle consiste en partie à
sensibiliser les membres et à les aider à s'organiser. Leur tâche consiste aussi à
contribuer à diffuser de l'information sur les CSMH, à communiquer avec les membres
intéressés, à s'assurer que l'information concernant les comités est préparée pour
les réunions sous des formats de substitution et à fournir des endroits de rencontre
accessibles et les commodités nécessaires comme l'amplification du son ou
l'interprétation par signes. C'est la direction de l'Alliance qui leur a confié le
mandat de fournir cette aide.
Bien qu'ils jouent des rôles différents dans les
différentes régions, les CSMH contribuent constamment à établir la liaison entre les
membres et à leur transmettre plus d'information sur leur syndicat. Les CSMH fournissent
aux membres de l'information sur le devoir de l'employeur d'assurer l'existence de la
banque d'aides techniques, l'expérience d'autres membres au niveau du régime
d'assurance-maladie, la façon d'arriver à en savoir davantage sur leurs droits et leurs
avantages en milieu de travail et sur la façon également d'en arriver à mettre de
l'avant des recommandations pour améliorer ces avantages.
Les CSMH ont aussi un rôle à jouer au niveau de la
sensibilisation des dirigeantes et dirigeants élus de tout le syndicat aux questions
touchant les personnes handicapées. En 1992, le CSMH de la RCN a mené une enquête
auprès de tous les présidents et présidentes des Éléments de l'AFPC pour déterminer
dans quelle mesure ces derniers étaient au courant des besoins de leurs membres ayant un
handicap. Il a posé des questions sur l'accessibilité des réunions, la disponibilité
de documents sous un format de substitution et la fourniture d'une formation accessible
pour les membres des Éléments ayant un handicap.
L'enquête a permis de constater que le degré de
sensibilisation aux préoccupations des personnes handicapées était limité et qu'on
faisait peu de choses pour y répondre. Les réunions n'étaient pas toujours accessibles
et la documentation n'était pas offerte sous des formats de substitution. Les Éléments
n'étaient pas organisés pour identifier et fournir les types de commodités aux cours,
aux réunions et aux conférences dont leurs membres ayant un handicap avaient besoin.
Préoccupé par les résultats de cette enquête, le CSMH de la RCN a écrit au président
de l'AFPC et mis en relief dans sa correspondance les moyens nécessaires aux Éléments
pour faire mieux comprendre les besoins de leurs membres ayant un handicap et mieux y
répondre.
Les CSMH ont eu recours à la Semaine nationale pour
l'intégration des personnes handicapées afin de sensibiliser davantage aux questions
touchant les personnes handicapées. Cette semaine est un bon temps pour tenir des
journées d'accueil aux bureaux régionaux de l'AFPC et pour diffuser de l'information par
l'entremise des sections locales et d'autres canaux auprès des membres potentiels des
CSMH. En 1994, le comité spécial des membres ayant un handicap de Montréal a mis sur
pied un stand d'information au complexe Guy-Favreau.
[Traduction]
«Un membre d'un comité local d'action (le CSMH de
Halifax) a fait écho à ce sentiment lorsqu'il a déclaré lors de nos audiences de St.
John's, Terre-Neuve, que "On dirait presque que la fonction publique s'engage dans un
processus de refus d'embaucher des personnes handicapées; elle parle beaucoup mais fait
très peu de choses. Je ne connais personne ayant un handicap qui ait obtenu un poste à
temps plein dans la région au cours des cinq dernières années et avec les réductions
et les compressions je ne vois pas comment les choses vont changer."»
(Extrait de Dans l'intérêt public - Rapport des
audiences de l'AFPC sur la prestation des services publics, novembre 1994)
«Même lorsqu'elles réussissent à décrocher un
emploi, les personnes ayant un handicap rencontrent plus de difficultés que les autres
travailleurs et travailleuses. Comme on nous a partagé à Ottawa il existe des coûts
réels associés aux handicaps et ces coûts augmentent chaque jour. Avec le gel des
salaires des dernières années, les personnes ayant un handicap qui occupent un emploi
sont obligées de se tourner vers les programmes de bien-être social dont elles ont
réussi à se sortir au prix de tellement d'efforts .
(Extrait de Dans l'intérêt public - Rapport des
audiences de l'AFPC sur la prestation des services publics, novembre 1994)
Plus récemment, le CSMH de Halifax, qui s'appelle
lui-même l'«Access Action Committee», a tenu en 1995, durant la Semaine nationale pour
l'intégration des personnes handicapées, une réunion d'une journée intitulée
«Challenge Communication». Cette séance, qui a rassemblé des travailleuses et
travailleurs sourds, leurs collègues de travail, des superviseurs, des gestionnaires et
des représentantes et représentants syndicaux, a été axée sur les expériences des
fonctionnaires sourds en milieu de travail. On est en train d'en préparer un film vidéo.
Comme nous l'avons mentionné précédemment, les CSMH ont
organisé et présenté des exposés à différents forums publics dirigés par l'AFPC. En
1990, c'était la «Commission de l'AFPC sur le moral dans la fonction publique
fédérale». En 1994, des membres de CSMH ont témoigné aux audiences de l'AFPC «Dans
l'intérêt public». Ils ont traité des répercussions des compressions du gouvernement
fédéral sur la situation de l'emploi des personnes handicapées.
FRANC-PARLER : Bulletin pour les
membres de l'AFPC ayant un handicap
Le premier numéro de FRANC-PARLER est apparu dans
les kiosques à journaux en janvier 1995. Édité par Pat Derrick, membre du CSMH de la
région de la capitale nationale, FRANC-PARLER renferme des nouvelles d'intérêt
pour les membres de l'Alliance ayant un handicap. Il traite de conférences et de congrès
et reproduit les rapports de délégué-e-s qui y ont parlé des problèmes des personnes
handicapées. Il fait aussi le point sur l'équité et d'autres questions d'emploi. Même
si l'éditeur est membre du CSMH de la région de la capitale nationale, on y invite
ouvertement les membres ayant un handicap de tout le pays à y contribuer.
Le rôle de l'éditeur de Franc-parler consiste à
recevoir et à examiner des textes, à les mettre en forme, à surveiller le respect des
délais fixés et à collaborer avec le Bureau des droits de la personne à exercer au
besoin un suivi auprès des contributeurs. L'éditeur ne corrige pas la teneur des
articles, sauf dans les cas où ils enfreignent la politique de l'Alliance ou sont de la
même façon problématiques. Le Bureau des droits de la personne est chargé de la
production et de la distribution du bulletin, y compris de ses versions en braille, en
caractères d'imprimerie et sur disquette.
Étant donné qu'il constitue un forum pour la création de
réseaux entre les membres ayant un handicap, FRANC-PARLER est principalement
distribué à ces membres, des exemplaires en étant aussi adressés aux membres du
Conseil national d'administration et aux bureaux régionaux de l'AFPC.
Accès '95 : Prenons notre place
À la conférence ACCÈS '93, le comité régional de
membres ayant un handicap de Montréal a pris la parole pour dire qu'il aimerait être
l'hôte de la conférence ACCÈS qui suivrait. «ACCÈS '95 : Prenons notre place» a eu
lieu à Montréal du 18 au 25 août 1995.
ACCÈS '95 avait pour objectifs :
- d'axer l'attention sur le rôle que le syndicat peut jouer
au niveau de la représentation de ses membres ayant un handicap, aussi bien auprès de
l'employeur qu'auprès de la société;
- de poursuivre le processus visant à rendre le syndicat
accessible aux membres ayant un handicap; et
- de poursuivre le processus de création de réseaux entre
les membres ayant un handicap.
La conférence ACCÈS '93 avait été axée sur
l'accessibilité du syndicat lui-même, mais ACCÈS '95 a élargi son point de mire pour
englober des façons qui permettraient à différents niveaux du syndicat de promouvoir en
milieu de travail et dans la société le règlement des questions touchant les personnes
handicapées. Les participantes et participants se sont rencontrés à l'intérieur
d'ateliers pour se faire part de leurs préoccupations et pour établir un ordre de
priorité au niveau de ces questions. Ils ont parlé de la façon dont ils aimeraient que
l'Alliance agisse face à ces préoccupations et discuté des façons qui leur
permettraient d'élaborer une stratégie pour promouvoir cette action.
Les participantes et participants à ACCÈS '95 ont aussi
pris part à des pressions et à des manifestations politiques afin de protester contre
les effets des réductions fédérales pour les personnes handicapées. Le 18 août, ils
ont organisé conjointement dans la région de Montréal une manifestation avec des
groupes de personnes handicapées. Cette marche, qui a eu lieu au milieu de la journée,
s'est terminée au Bureau de la Commission canadienne des droits de la personne, où des
membres ayant un handicap et les vice-président-e-s de l'AFPC ont parlé de la
performance épouvantable du gouvernement fédéral en matière de droits de la personne,
des effets des réductions proposées sur l'emploi des membres ayant un handicap, ainsi
que du démantèlement des programmes sociaux et de ses conséquences pour les personnes
handicapées.
ACCÈS '95 a aussi tiré parti de la tenue d'une réunion
dans le même hôtel de membres du Parti libéral, dont un grand nombre de hauts
fonctionnaires. Une manifestation silencieuse organisée à l'extérieur du lieu de cette
réunion par les participantes et participants à ACCÈS '95, et l'insistance du
coprésident de cette conférence, Michel Poitras, ont permis
Le Rapport annuel de la Commission canadienne des
droits de la personne 1994 atteste pourquoi les personnes handicapées doivent
descendre dans la rue pour protester. Il souligne que :
[Traduction]
"Les gestes moraux ne se traduisent pas en actions
et les obstacles depuis longtemps reconnus à l'égalité continuent de frustrer les
personnes handicapées et de leur nier l'égalité des chances qui est supposément
garantie dans la société canadienne."
Et qu'en est-il des possibilités d'emploi dans la
fonction publique fédérale pour les personnes handicapées? Le rapport le plus récent
émanant du Conseil du Trésor sur l'équité en matière d'emploi dans la fonction
publique précise qu'en mars 1993 les personnes handicapées représentaient
3,1 % de la fonction publique. En mars 1994, cette proportion avait chuté à
2,9 %.
Le rapport de 1994 de la Commission des droits de la
personne renferme des commentaires sur le manque d'emplois pour les personnes
handicapées :
[Traduction]
"Il devrait maintenant être évident que la
marginalisation continue des Canadiennes et des Canadiens handicapés voulant travailler
constitue une perte pour l'ensemble de l'économie."
(Anne Whitehurst, extrait d'un discours
prononcé à la conférence ACCÈS '95)
d'obtenir une rencontre de 20 minutes avec le ministre des
Affaires étrangères, André Ouellet, et le député libéral Eleni Bakopanos. Cela a
offert à Daryl Bean, président national de l'AFPC, et à Nycole Turmel, vice-présidente
exécutive de l'Alliance responsable des questions touchant les droits de la personne, et
qui coprésidaient la conférence, la possibilité de soulever auprès de ces élus la
question des effets des compressions budgétaires pour les travailleuses et les
travailleurs fédéraux ayant un handicap.
Les résolutions à ACCÈS '95 étaient fortement axées
sur la situation au travail des membres ayant un handicap. Les participantes et
participants craignaient énormément de perdre leur emploi. Ils ont demandé à
l'Alliance de s'employer de différentes façons à assurer l'emploi continu des personnes
handicapées. Ils ont demandé à l'AFPC de voir à ce qu'il n'y ait pas congédiement
d'un nombre disproportionné de fonctionnaires handicapés.
Les participantes et participants à ACCÈS '95 ont aussi
recommandé que l'AFPC exhorte l'employeur à fournir toute l'information concernant le
personnel, y compris les évaluations des employé-e-s, dans des médias de substitution.
Ils ont également abordé dans d'autres résolutions la nécessité d'évaluations
accélérées et professionnelles des commodités, des outils et de la formation dont ont
besoin en milieu de travail les personnes handicapées.
À maintes reprises à la conférence, les participantes et
participants ont parlé des problèmes qu'ils éprouvent avec la Sun Life, la compagnie
qui verse des prestations en milieu de travail à la plupart des membres de l'AFPC et qui
offre d'autres régimes de prestations. Ils ont recommandé que l'Alliance rassemble de
l'information sur ces difficultés et s'y attaque de toutes les façons possibles.
Les participantes et participants à ACCÈS '95 ont aussi
étudié des moyens de prévoir des assises plus solides à l'intérieur de l'Alliance
pour les membres ayant un handicap. Ils ont recommandé de modifier la constitution de
l'AFPC pour établir des CSMH régionaux dotés de budgets annuels de fonctionnement. Ils
ont demandé la tenue d'une conférence ACCÈS à tous les trois ans et l'élection de
quatre délégué-e-s au congrès triennal de l'AFPC à chaque conférence ACCÈS.
Les autres recommandations formulées à la conférence
ACCÈS '95 incluaient des appels en faveur de la création de postes additionnels et de
changements politiques au niveau national pour répondre aux intérêts des personnes
handicapées. (Voir l'annexe F pour le texte intégral de toutes les résolutions.)
Groupes de travail du Congrès
du travail du Canada
En 1994, le Congrès du travail du Canada (CTC), la plus
importante centrale syndicale au pays et dont l'Alliance fait partie, a établi quatre
groupes de travail sur l'équité pour conseiller le Congrès au sujet des questions
reliées à l'équité. L'Alliance a nommé une militante ou un militant à chacun de ces
groupes de travail, y compris le groupe de travail sur les questions touchant les
personnes handicapées. La première personne nommée a été Michel Poitras, qui venait
tout juste d'achever son mandat de représentant à l'équité au comité d'accès à
l'égalité de l'AFPC. Il a depuis été remplacé par Anne Whitehurst.
Déclaration de principes de
l'AFPC concernant les personnes ayant un handicap
Le Congrès triennal de l'AFPC de 1994 a adopté une
résolution qui a donné à l'AFPC le mandat d'élaborer une Déclaration de principes
concernant les personnes ayant un handicap. En 1996, Chris Stark et Pat Derrick, membres
de l'AFPC voués à la cause des personnes ayant un handicap, ont formé un groupe de
travail chargé de coordonner l'élaboration de cette déclaration de principes. Yvonne
Peters, une avocate des libertés civiles qui veille aux intérêts des personnes ayant un
handicap, a rédigé la politique en consultation avec le groupe de travail et d'autres
membres des comités régionaux des membres ayant un handicap de tous les coins du Canada.
Ce document a été adopté comme déclaration de principes par le Conseil national
d'administration à sa réunion de janvier 1997.
Les Programmes et
les services de l'AFPC : Accessibilité et Commodités
Introduction
En 1990, lorsque le premier CSMH a été formé à Ottawa,
le degré de sensibilisation et de bien-être du personnel et des dirigeantes et
dirigeants de l'AFPC face aux personnes handicapées était faible. Durant les années 80,
on avait jeté certaines bases pour axer davantage l'attention sur les questions reliées
aux droits de la personne, mais on avait beaucoup de chemin à faire pour connaître et
pour avoir réellement l'expérience de la situation des membres de l'AFPC ayant un
handicap. C'est dans les années 90 que l'AFPC a fait d'importants progrès au niveau de
l'intégration des exigences des personnes handicapées aux programmes et aux services de
l'Alliance.
Les deux conférences ACCÈS ont certainement joué le
rôle de points centraux à l'intérieur de la définition des préoccupations des membres
ayant un handicap. Les conférences et les CSMH ont manifestement permis de définir les
changements dont l'Alliance a besoin pour faire en sorte de devenir plus accessible et de
répondre aux besoins de ses membres.
La présente partie de notre examen sera consacrée aux
changements qui ont été apportés à l'intérieur des programmes et des services de
l'AFPC pour répondre aux besoins des membres ayant un handicap. Elle portera aussi sur
une certaine partie du travail effectué par l'AFPC pour répondre aux besoins en milieu
de travail de ces mêmes membres. Enfin, elle
[Traduction]
«Lorsque j'ai participé pour la première fois aux
activités du comité spécial des membres ayant un handicap, j'ai eu la nette impression
que le personnel de l'Alliance n'avait jamais rencontré auparavant une personne
handicapée. Il l'avait peut-être fait, mais à la façon dont il a agi et à la façon
dont il m'a traitée j'avais le sentiment qu'il n'avait jamais eu beaucoup l'occasion
d'entrer en communication avec une personne handicapée. Alors, quand j'ai commencé à
travailler à la conférence ACCÈS, commencé à rendre visite au personnel de
l'Alliance, c'était une voie à double sens. Il y avait ici les personnes handicapées et
j'attendais de voir d'où elles venaient. Alors, je crois réellement que les conférences
ACCÈS ont sensibilisé le personnel au point où, aujourd'hui, il se sent à l'aise quand
il parle avec des personnes handicapées.»
(Pat Derrick, région de la capitale
nationale)
renfermera des commentaires sur ce qu'il reste à faire si
l'Alliance veut réellement intégrer ces membres.
Bureau des droits de la personne
Avant l'établissement du Bureau des droits de la personne
en 1988, le travail relié aux droits de la personne à l'intérieur de l'Alliance avait
un caractère de défense et de promotion. Les membres communiquaient avec le syndicat au
sujet d'un problème particulier, et les militantes et militants et le personnel du
syndicat tentaient de résoudre leur problème. Le Bureau des droits de la personne a
permis de mettre sur pied un programme national plutôt fondé sur la mobilisation et
l'action et sur le programme des membres des groupes de promotion de l'équité
eux-mêmes. Ce changement d'approche était essentiel aux progrès notés ci-dessus et
ci-dessous.
Étant donné cette approche, l'une des principales
fonctions du Bureau des droits de la personne consiste à faciliter l'organisation des
membres des groupes de promotion de l'équité par ces membres eux-mêmes. Cela inclut de
l'aide pour la création des comités spéciaux des membres ayant un handicap,
l'élaboration de documents pour sensibiliser davantage aux problèmes des personnes
handicapées en consultation avec les membres ayant un handicap (par exemple pour la
Semaine nationale pour l'intégration des personnes handicapées) et la fourniture d'aide
aux CSMH pour communiquer les uns avec les autres et pour diffuser de l'information à
caractère régional au niveau national.
L'établissement d'une liste nationale de réseaux des
membres ayant un handicap constitue à cet égard une importante activité. La liste de
ces réseaux, qui a été compilée à partir des demandes d'inscription à ACCÈS '93 et
à ACCÈS '95, d'aiguillages à partir d'autres secteurs du syndicat et du bouche à
oreille, regroupe maintenant presque 200 noms. Lorsqu'on lui demande d'effectuer de vastes
consultations auprès de ses membres ayant un handicap, l'Alliance est maintenant en
mesure de le faire.
Cette liste de réseaux est également essentielle pour
établir la liaison entre les membres et les CSMH de leur région et leurs bureaux
régionaux de l'AFPC. Les membres ayant un handicap entendent parfois parler du réseau
des CSMH et communiquent directement avec le Bureau des droits de la personne. Ils sont
redirigés vers les militantes et les militants des CSMH ou le bureau régional de l'AFPC
de leur région.
On suit aussi les exigences spéciales des médias par
l'entremise de cette liste de réseaux. À cause de cela, il est important que l'Alliance
exerce un suivi sur les plans qui feraient qu'il y aurait fusion de cette liste de
réseaux à la liste d'adresses des membres de plein droit. L'Alliance est l'un des rares
syndicats qui, en raison de sa structure, dispose d'une liste centralisée permettant
d'adresser par la poste des envois à un pourcentage élevé de ses membres. La fusion des
deux listes facilitera la préparation de tous les types de publications de tous les
secteurs du syndicat sous les formats appropriés dont a besoin un certain nombre de
membres de l'AFPC ayant un handicap.
Les syndicats qui amorcent actuellement le processus de
structuration autour de ces questions peuvent au départ avoir l'impression qu'ils
aimeraient y intégrer leurs membres ayant un handicap, mais ne sont pas assez certains de
la façon permettant de trouver ces membres.
L'Alliance a eu la chance de représenter des employé-e-s,
au gouvernement fédéral, dont certains traitent spécifiquement des questions ayant
trait aux handicaps (par exemple, les employé-e-s du Secrétariat aux personnes
handicapées, et ceux de la Commission canadienne des droits de la personne). Cela nous a
aidés dans nos premières tentatives d'organisation.
Il est également vrai, cependant, que les membres de
l'AFPC ayant un handicap ont continué de se manifester pendant six ans. L'établissement
de liaisons avec les membres a parfois progressé lentement, mais le nombre de contacts a
régulièrement augmenté. Comme on pouvait s'y attendre, chaque conférence ACCÈS a
signifié une brusque augmentation du nombre de liens avec les membres ayant un handicap.
Le Bureau des droits de la personne a travaillé
conjointement avec les CSMH à l'organisation des deux conférences ACCÈS. C'est grâce
à ACCÈS '93 que la première machine de conversion en braille a été achetée et c'est
ce bureau qui a fait l'achat du premier appareil de télécommunications pour sourds
(ATS).
Afin de s'attaquer aux questions touchant les personnes
handicapées au sein de l'Alliance, ces questions ne devraient cependant pas rester
l'unique responsabilité du Bureau des droits de la personne. L'une de ses fonctions clés
consiste donc à travailler à l'intégration des questions touchant les personnes
handicapées. Au besoin et sur demande, le Bureau des droits de la personne a collaboré
avec d'autres sections de l'Alliance pour les encourager et les aider dans leur travail
portant sur ces questions. La plus grande partie du travail réalisée avec les CSMH est
maintenant effectuée par les bureaux régionaux de l'AFPC.
Bureaux régionaux
Étant donné que les bureaux régionaux de l'AFPC
constituent le principal point de contact entre les membres et la structure administrative
de l'Alliance, ces bureaux doivent être accessibles si l'on veut que les membres ayant un
handicap puissent prendre part aux activités syndicales. D'importantes améliorations
sont apportées en certains endroits en consultation avec les membres ayant un handicap.
Cela n'est malheureusement pas le cas partout, ce qui crée une certaine frustration chez
ces membres.
Dans le cadre du réaménagement d'un bureau régional, le
personnel de l'AFPC a discuté de la disposition et des plans pour ce bureau avec les
membres ayant un handicap afin d'éviter d'y intégrer des obstacles. Il a aussi pris
l'initiative de consulter différentes associations de personnes handicapées pour
connaître les différents plans et dispositifs d'adaptation appropriés à différents
handicaps.
[Traduction]
«Le nouveau bureau de Hull ouvrira bientôt et
renfermera beaucoup d'installations qui manquaient à l'intérieur de l'ancien, mais ça
ne finira pas là. À mesure que les besoins seront définis, que la technologie
évoluera, qu'on disposera d'argent, le bureau évoluera. Au fur et à mesure de notre
apprentissage, l'expérience fera que nous serons mieux préparés aux futures
installations. Accessibilité désigne un processus permanent d'accueil et qui inclut
réellement les personnes handicapées. Accessibilité signifie renforcer notre syndicat.
Ensemble, en appuyant cet objectif à tous les niveaux, nous en ferons une réalité et
non pas un espoir.»
(Arthur Carkner, Alliance, été
1994, vol. 7, no 2)
À un autre endroit, un membre du personnel
utilisant un fauteuil roulant a sensibilisé davantage le bureau aux exigences en matière
d'accessibilité et de commodités. On a dessiné des espaces de stationnement pour
permettre d'avoir directement accès à l'ascenseur, on a installé des boutons-poussoirs
sur les portes donnant sur la rue et on a modernisé les toilettes. La disposition des
chaises dans la salle de réunion a été adaptée pour prévoir plus d'espace et on a
ajouté des tableaux à feuilles mobiles à hauteur réglable.
D'autres bureaux ont aussi répondu de façons différentes
aux exigences en matière d'accessibilité et de commodités. On a installé un
élévateur pour fauteuil roulant dans un cas, on a acheté des dossiers OBUS dans un
autre et acheté aussi des abreuvoirs pour les chiens-guides dans un autre également.
[Traduction]
«À Toronto, les locaux viennent tout juste d'être
rénovés, mais on n'a pas accès à l'aide de boutons-poussoirs aux portes d'entrée au
bureau et aux toilettes. Je n'utilise pas de fauteuil roulant et je peux me tenir debout,
mais je trouve que ces lourdes portes d'accès à clé posent un problème. Les locaux
sont loués, de sorte que nous ne disposons pas de fonds. Nous avons approché la
direction; elle nous a servi la vieille excuse «TROP COûTEUX».
À London, le bureau régional est situé à
l'intérieur d'un complexe en copropriété et c'est la même situation pour ce qui est
des rampes, de l'accès aux portes à boutons-poussoirs et aux stationnements
désignés.»
(Barbara Townsend-Batten, London, Ontario)
Comme nous l'avons mentionné précédemment, les membres
ayant un handicap constituent les meilleurs sources d'information sur les exigences en
matière d'accessibilité et de commodités. Il faut les consulter au sujet des
changements à apporter et les tenir informés des plans d'action pour réaliser ces
changements. Ces consultations doivent constituer un processus permanent d'établissement
de la cohérence et de la confiance dans un contexte où l'accessibilité a
traditionnellement été très limitée. Même s'ils peuvent parfois être obligés de
rater des réunions là où des commodités ont été apportées, les membres ayant un
handicap doivent savoir que le processus visant à rendre ces réunions accessibles se
poursuivra.
Éducation
Les cours de l'AFPC sont cruciaux pour ses membres. C'est
par l'entremise des cours que les membres connaissent le fonctionnement de leur syndicat
et leurs droits en milieu de travail et apprennent comment interagir efficacement avec
d'autres membres du syndicat et avec l'employeur. S'ils ne sont pas accessibles au sens le
plus large aux membres et s'ils ne reflètent pas les expériences de travail des
personnes handicapées, les cours offrent alors un service de deuxième classe ou pire
encore aux membres ayant un handicap.
Consciente de cela, la section de l'éducation à
l'Alliance a pris l'engagement d'intégrer davantage les membres ayant un handicap. À la
conférence de l'AFPC sur l'éducation en 1993, le personnel a consacré du temps à axer
l'attention sur la façon de mieux répondre aux besoins et aux attentes de tous les
groupes de promotion de l'équité. Il a examiné le recrutement, la sélection, le
contenu des programmes et l'animation. On y a pris l'engagement de diffuser plus
d'information auprès des groupes de promotion de l'équité dans le cadre du recrutement
pour les cours, ce qui reconnaissait l'idée qu'il fallait que le matériel promotionnel
pour les cours assure une plus grande intégration.
En essayant de faire de ces engagements une réalité, la
section de l'éducation y a donné suite en améliorant différents outils servant à se
préparer pour les cours. Les formulaires d'inscription incluent maintenant de l'espace
permettant aux membres de s'auto-identifier et de décrire les exigences reliées à leur
handicap. Cela vise à fournir aux organisateurs des cours l'information dont ils ont
besoin pour offrir des commodités aux membres ayant un handicap de façon à ce qu'ils
puissent participer pleinement aux cours. On prépare et on distribue des listes de
vérification aux fins de l'accessibilité au personnel des bureaux régionaux pour
l'aider à évaluer des endroits pour des cours et des exigences en matière de
commodités pour les membres ayant un handicap.
Les types de commodités qui sont apportées sont variés.
Dans certains cas, on prépare de la documentation sous un format de substitution (par
exemple en braille ou en caractères d'imprimerie), tandis que dans d'autres on met à la
disposition des membres en fauteuil roulant des tableaux à feuilles mobiles réglables.
On fournit également un service d'interprétation par signes, en American Sign Language
ou en langage des signes québécois. D'autres commodités sont encore apportées pour les
participantes et participants aveugles et leurs chiens.
À la fin des cours, les membres ayant un handicap sont
invités à évaluer tous les aspects des cours, y compris leur accessibilité. Les
formulaires d'évaluation permettent d'identifier les obstacles à la participation aux
cours.
La section de l'éducation de l'AFPC répond aussi
actuellement à la nécessité d'examiner le contenu des cours de manière à ce qu'il
intègre davantage les membres ayant un handicap et leurs préoccupations
professionnelles. Au fur et à mesure qu'on produit des films vidéo pour accompagner les
modules de formation, on invite actuellement les personnes handicapées à y participer et
on y ajoute leurs commentaires sur la façon dont certaines questions particulières
reliées au milieu de travail les touchent. Le personnel affecté à l'éducation est
conscient, aussi, qu'il faut examiner le contenu des cours et réviser ou éliminer la
documentation et les approches qui reflètent des attitudes et des hypothèses reposant
sur la discrimination fondée sur la capacité physique. (La discrimination fondée sur la
capacité physique est l'hypothèse voulant qu'un handicap ou une déficience ne
s'inscrive pas à l'intérieur du cours normal de l'existence humaine et, à ce titre, ne
soit pas nécessairement prise en compte quand on se prépare pour des événements
quotidiens ou des activités quotidiennes.)
Causes reliées aux Handicaps
L'AFPC travaille fort pour gagner des causes consacrant le
devoir de l'employeur de tenir compte de la situation des personnes handicapées plutôt
que de simplement mettre fin à leur emploi. Malheureusement, ce ne sont pas toutes ces
causes qui sont finalement des succès, souvent en raison des particularités de la Loi
sur les relations de travail dans la fonction publique et d'autres lois fédérales
qui concernent les membres de l'Alliance.
Résumé de cas 1
La consoeur DeKoning a travaillé à Emploi et
Immigration Canada. À la fin de 1989, elle a ressenti des maux de dos chroniques. Elle a
pris un congé de maladie et a eu droit à un congé non payé et est retournée au
travail à temps partiel en août 1990. À cause de son état, la consoeur DeKoning était
souvent absente du travail. En mars 1991, elle est retournée travailler à temps plein.
Il n'y a pas eu de plainte au sujet de son travail et on ne lui a pas fait non plus
mention de problème de rendement au travail.
En février 1991, ses superviseurs ont demandé un
rapport du médecin. En dépit du pronostic favorable à l'intérieur du rapport du
médecin, on a recommandé de renvoyer la consoeur DeKoning pour incapacité. La consoeur
DeKoning a déposé un grief fondé sur l'article de sa convention collective interdisant
la discrimination. Lors du règlement, on a fait droit au grief. On a ordonné de
réintégrer la consoeur DeKoning dans son emploi et de lui verser la rémunération et
les avantages sociaux qu'elle avait perdus. L'employeur n'a pas fait appel.
Au début des années 90, l'Alliance a intenté une action
dans un certain nombre d'affaires. La plus connue est l'affaire MacNeil, dans
laquelle l'Alliance a finalement été déboutée au niveau de la Cour fédérale pour la
raison exposée sommairement ci-dessus. Dans l'affaire DeKoning cependant,
l'Alliance a été plus heureuse. L'Alliance a également remporté une cause plus
récente à l'arbitrage, soit l'affaire Deering.
Résumé de cas 2
L'Alliance a également obtenu gain de cause dans
l'affaire du confrère Deering, un employé du ministère de la Défense nationale (MDN).
Dans cette affaire, le MDN avait annulé le permis de conduire du confrère Deering après
plusieurs accidents causés par la perte de la vision en profondeur, attribuable à des
cataractes. Cette mesure a entraîné son renvoi pour incompétence ou incapacité.
L'AFPC a représenté le confrère Deering dans un grief
qui a été renvoyé à l'arbitrage. L'arbitre a jugé que l'employeur était parfaitement
au courant du handicap physique du requérant et savait que cet état pouvait être
corrigé par chirurgie; l'employeur aurait dû prendre des mesures pour aider le
requérant, au lieu de mettre fin à son emploi. Le confrère Deering a été rétabli
dans ses fonctions.
Pendant qu'elle poursuit la longue et lente bataille pour faire progresser ces droits
devant les tribunaux, l'AFPC met aussi dans tout le syndicat à la disposition de ses
membres de l'information sur le devoir de l'employeur de tenir compte de leur situation.
Un Élément a tenu un atelier spécial sur le devoir de l'employeur de tenir compte de la
situation des personnes handicapées et l'information rassemblée à partir de cet atelier
a été mise à la disposition des participantes et participants aux réunions des CSMH et
mise à jour en vue de sa distribution à la conférence ACCÈS '95.
Résumé de cas 3
Le requérant, un délégué à la jeunesse dans un
établissement pour jeunes contrevenants, a été agressé et il a subi des blessures
corporelles temporaires, ainsi que du stress post-traumatique constant. Les médecins,
dont celui de l'employeur, l'ont jugé inapte à reprendre ses anciennes fonctions, mais
apte à un autre travail. L'arbitre a fait observer que l'employeur n'avait offert aucune
formation de recyclage, aucune offre d'autres postes ni aucune «forme de dispense de
concours». Après avoir tenté de mettre fin à son emploi, l'employeur l'avait tout
simplement placé dans son ancien poste et lui avait accordé un congé médical
non payé de deux ans, en le menaçant de le renvoyer de nouveau s'il ne trouvait pas un
autre emploi. Avec beaucoup d'insistance, l'arbitre a soutenu que l'employeur était
«bien loin» d'avoir rempli son obligation de tenir compte, et il lui a ordonné de le
faire «immédiatement».
Animation des conférences de
l'AFPC
L'animateur ou l'animatrice des conférences de l'AFPC
travaille avec les différents secteurs du syndicat qui planifient les conférences
importantes ou les événements importants et est responsable de la définition des
exigences en matière de déplacements et de réservations d'hôtel et des autres
exigences logistiques pour les conférences et les réunions de l'Alliance. Cela inclut
les dispositions qu'ont nécessitées ACCÈS '93 et ACCÈS '95. Pour appuyer l'engagement
de l'Alliance à rendre tous ces événements accessibles aux membres ayant un handicap,
l'animateur ou l'animatrice a mis au point certains outils définissant sommairement les
exigences et les facteurs d'accessibilité. (Voir l'annexe H - Liste de vérification à
des fins d'accessibilité : inspection des lieux.)
Il est devenu clair que la question de l'accessibilité et
des commodités pour les membres ayant un handicap doit faire partie du processus, ne doit
pas être un à côté, une réflexion après coup. Comme une traduction, il faut
considérer qu'elle fait partie depuis le début du processus.
On tient donc compte de l'accessibilité aux premiers
stades de la planification - quand on est en train d'évaluer des hôtels comme
emplacements possibles pour la tenue de conférences et de congrès. Le nombre d'hôtels
accessibles qui sont disponibles varie considérablement d'une ville à une autre, surtout
étant donné qu'il n'existe pas dans l'industrie hôtelière de lignes directrices
nationales concernant l'accessibilité.
En négociant avec les hôtels, l'AFPC a réussi dans une
certaine mesure à les persuader d'apporter certaines améliorations pour en accroître
l'accessibilité. L'animateur ou l'animatrice des conférences de l'AFPC souligne
que :
[Traduction]
«Oui, il existe des obstacles, mais dont on peut venir à
bout une fois que les hôtels comprennent pourquoi et qu'il est possible qu'ils
n'obtiennent pas le marché s'ils ne sont pas accessibles. Ils doivent aussi comprendre
que c'est bon pour leur image.»
Dans le cadre de la planification des deux conférences
ACCÈS pour les membres de l'AFPC ayant un handicap, l'animateur ou l'animatrice des
conférences a collaboré avec le comité des conférences du début à la fin à la
définition des exigences des participantes et participants. Cela allait de la conception
du formulaire d'inscription aux besoins que les participantes et participants pouvaient
avoir pour leur voyage de retour chez eux après les conférences.
Il est important que les connaissances et l'expérience
acquises à partir de l'organisation de ces deux conférences accessibles aient été
mises à la disposition d'autres aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'AFPC.
Cette information a été particulièrement utile aux organisateurs ou organisatrices des
conférences des femmes de l'AFPC.
Les organisateurs ou organisatrices de ces conférences ont
montré la voie à suivre en assurant une solide représentation à ces événements des
femmes membres des groupes de promotion de l'équité. Il était important que les femmes
ayant un handicap qui y ont assisté puissent compter y constater en arrivant qu'on avait
pris soin de rendre les conférences accessibles. (Voir l'annexe G - Accessibilité des
conférences.)
[Traduction]
«L'accessibilité des conférences inclut un examen de
l'espace de réunion, des chambres d'hôtel et de la satisfaction des besoins spéciaux
des personnes ayant différents handicaps durant l'inscription, les séances plénières
et les ateliers.
Le formulaire d'inscription à une conférence devrait
inclure une section qui permettrait aux membres d'indiquer s'ils ont un besoin spécial
qu'il faudrait combler. Le texte devrait être assez précis pour laisser savoir aux
membres que l'AFPC s'est engagée à répondre aux besoins spéciaux et de préférence
comporter des cases à partir desquelles les membres pourront choisir et suffisamment
d'espace pour fournir des détails sur leurs besoins spéciaux.
Par exemple, un membre qui a indiqué qu'elle utilise un
fauteuil roulant aura besoin d'une salle accessible en fauteuil roulant, et l'aire de réunion (la salle de la
séance plénière et la salle d'atelier) devra être disposée de façon à y avoir
facilement accès d'un secteur à l'autre. Il faudra aussi déterminer si cette
participante aura besoin d'un moyen spécial de transport terrestre à partir de
l'aéroport et jusqu'à l'aéroport et pour les sorties prévues durant la conférence.»
Communications
Les communications ont au moins deux fonctions lorsqu'elles
traitent de questions touchant les personnes handicapées. D'un côté, l'Alliance
sensibilise davantage aux problèmes des personnes handicapées en écrivant souvent sur
ces problèmes dans ses publications. Elle a fait paraître un certain nombre d'articles
à ce propos dans Alliance, une revue trimestrielle qui est distribuée à tous ses
membres. Le Parlons syndicat, un bulletin bi-hebdomadaire adressé aux dirigeantes
et dirigeants des sections locales pour être affiché et diffusé à tous les membres,
renferme aussi de l'information particulièrement intéressante pour les membres ayant un
handicap comme :
- le livret traitant du Régime de soins de santé de la
fonction publique sur cassette audio et disquette;
- l'accessibilité de l'AFPC par ATS;
- les lignes directrices relatives au fonds de l'AFPC pour
assurer l'accessibilité.
D'un autre côté, au niveau de l'amélioration des
communications avec les membres ayant un handicap, l'Alliance doit encore mettre en oeuvre
pour ces membres des aspects de la politique de l'AFPC sur les formats de substitution.
Cette politique exige la préparation de publications et leur distribution à tous les
membres sous les formats exigés, comme le braille, les caractères d'imprimerie ou les
disquettes. Au début de 1996, cela ne se faisait que dans quelques cas.
Par exemple, on ne préparait la revue Alliance sous
format de substitution que dans un seul cas. Pendant ce temps, on pouvait se procurer la
liste de réseaux mentionnée ci-dessus de membres ayant un handicap et de formats de
substitution dont ils ont besoin au Bureau des droits de la personne. La section de
l'Alliance responsable de la revue Alliance a depuis demandé la liste de réseaux
au Bureau des droits de la personne et elle s'est engagée à en corriger les omissions.
Il est important que des secteurs autres que les Communications demandent aussi la liste
de réseaux et l'utilisent dans le cadre de la préparation de leurs publications.
Suivant un autre aspect de la politique de l'AFPC sur la
fourniture de formats de substitution aux membres ayant un handicap, la documentation
imprimée que l'Alliance produite à l'intention d'un auditoire bien défini doit
être mise à la disposition, sur demande, sous le format demandé. Pour répondre
efficacement et en temps opportun à cette exigence, l'Alliance aura besoin du système
d'adhésion automatisé projeté, qui inclura de l'information sur les exigences des
membres ayant un handicap, en matière de médias de substitution.
La politique de l'AFPC sur la fourniture de formats de
substitution aux membres ayant un handicap traite aussi des besoins des malentendants et
des sourds lorsque l'Alliance est associée à la production de films vidéos. Quand
l'Alliance prépare un film vidéo, il faut en produire une version avec sous-titres non
codés et faire en sorte qu'on puisse aisément se la procurer. La politique stipule aussi
que lorsque l'Alliance produira des imprimés ou des films vidéos en collaboration avec
un autre organisme ou achètera cette documentation d'une source externe, on fera toutes
les efforts possibles pour s'assurer que les documents soient disponibles en formats de
substitution (voir à l'annexe C la politique de l'AFPC sur la fourniture de formats de
substitution aux membres ayant un handicap.)
La mise en oeuvre de cette directive d'orientation ne s'est
pas jusqu'ici réalisée. On ne préparait pas au début de 1996 de films vidéos avec
sous-titres non codés. Cela signifie que les membres de l'AFPC qui sont sourds ou
malentendants ne pourront participer au même degré que les autres membres aux cours, aux
réunions locales, aux conférences, etc. si l'on utilise ces films vidéos.
Personnel
La signature en 1995 pour le personnel de l'Alliance, d'un
plan d'équité en matière d'emploi qui avait été conjointement élaboré par l'AFPC et
les deux syndicats représentant son personnel, a constitué un important pas en avant
pour le syndicat. Ce plan, qui est l'un des plus vastes plans d'équité en matière
d'emploi en Amérique du Nord, répond à une vaste gamme de questions touchant les
personnes handicapées et à l'accessibilité.
L'Alliance et les syndicats représentant son personnel
organisent également une foule d'événements à l'intention des employé-e-s pour les
sensibiliser davantage aux questions touchant les personnes handicapées. Les membres de
l'AFPC ayant un handicap sont invités à s'exprimer sur différentes questions;
l'Alliance a en outre créé un étalage de l'équipement relié aux besoins spéciaux
qu'elle a acheté, ce qui inclut deux imprimantes en braille, un appareil de
télécommunications pour sourds (ATS) et un système d'amplification sonore infrarouge
portatif.
Négociations
Même si l'on n'a pas soumis un grand nombre de
revendications se rattachant expressément aux questions touchant les personnes
handicapées, on mène des négociations pour obtenir un libellé destiné à assurer la
protection des membres ayant un handicap, ce qui inclut des dispositions générales
interdisant la discrimination et le harcèlement.
L'Alliance participe aussi activement aux travaux de
comités mixtes à différents niveaux où se déroulent des discussions entre l'employeur
et un certain nombre de syndicats différents sur des aspects qui touchent les questions
touchant les personnes handicapées. Cela donne à l'AFPC l'occasion de mettre de l'avant
et de soutenir des améliorations à l'assurance-invalidité, aux régimes de retraite et
aux soins de santé élargis, qui ont toutes d'importantes répercussions pour les membres
ayant un handicap.
Organisation
L'Alliance participe activement à l'heure actuelle à la
mise sur pied de nouvelles unités de négociation. À cause de l'évolution du profil
démographique de la population active, l'Alliance doit être au courant des questions
reliées aux droits de la personne et savoir en quoi elles touchent ses membres et ses
membres potentiels. L'Alliance admet que les syndicats ne sont pas toujours perçus comme
des alliés par les groupes de promotion de l'équité.
Les initiatives actuelles de l'Alliance en incluent qui
contribueront à favoriser l'établissement de meilleurs liens avec le milieu, y compris
avec les groupes de promotion de l'équité. Ce faisant, l'Alliance désire mieux faire
comprendre en quoi consiste le syndicat. Elle espère que cette plus grande compréhension
fera que quand des travailleuses et des travailleurs deviendront membres de l'Alliance,
ils connaîtront mieux le syndicat et seront déjà au courant de ses engagements face à
de nombreuses questions qui les touchent.
À l'intérieur de cette initiative , l'Alliance est
devenue un important commanditaire du Relais 24 heures Labatt 1995 d'Ottawa, un
événement-bénéfice organisé au profit du Centre régional de réadaptation Royal
Ottawa. Dans le cadre de sa commandite, l'Alliance a fourni différents services en nature
(comme un service d'impression) aux organisateurs de l'événement et fait jouer un
certain nombre d'équipes pour recueillir directement des fonds.
Ce fut une occasion pour les participantes et participants
représentant l'Alliance d'en apprendre davantage sur l'action du Centre de réadaptation,
et pour les gens du milieu de prendre note de l'engagement de l'Alliance vis-à-vis des
questions communautaires.
Quoi faire a partir d'ici?
Il ne fait pas de doute que l'Alliance a progressé depuis
1990 au niveau des questions touchant les personnes handicapées et il est juste de dire
qu'elle assume sur ce plan un rôle de premier ordre à l'intérieur du mouvement syndical
canadien. À mesure que ses membres ayant un handicap définissent leurs préoccupations
et font pression en faveur de changements, l'AFPC réagit positivement. Elle a réalisé
un important travail de base pour répondre aux exigences d'accessibilité de ses membres
et a effectué dans bien des cas le suivi nécessaire. Cela a souvent été le résultat
des efforts indépendants de sections particulières de l'organisation ou de gens
particuliers.
Mise en oeuvre des déclarations
de principes actuelles de l'AFPC
Pourquoi n'y a-t-il pas constamment un suivi des
importantes politiques et des importants plans d'action de l'AFPC reliés aux handicaps?
Au niveau de l'organisation, l'Alliance n'a pas encore intégré à son fonctionnement la
surveillance de la mise en oeuvre de ces politiques et de ces plans.
Dans certains secteurs, on fait constamment pression en
faveur des préoccupations importantes des membres ayant un handicap. Dans d'autres
domaines, comme les communications, les mesures nécessaires pour répondre aux besoins
essentiels des membres en matière de formats de substitution ne sont que marginales et
sporadiques. Dans certains cas, on suppose que les politiques et que les plans devraient
être mis en oeuvre par le Bureau des droits de la personne, plutôt que par chaque
section du syndicat.
Il y a des membres de l'Alliance ayant un handicap qui sont
renversés par l'application incohérente des politiques. Une solution souvent suggérée,
c'est une dirigeante ou un dirigeant au niveau national uniquement chargé d'assurer la
mise en oeuvre des mesures requises pour rendre l'AFPC parfaitement accessible et sensible
aux besoins des membres ayant un handicap. Dans quelle mesure cette option est-elle viable
avec un budget de l'Alliance de beaucoup réduit? En outre, est-ce la meilleure façon
d'utiliser les ressources pour accroître les gains que l'Alliance a commencé à faire au
niveau des questions touchant les personnes handicapées?
Il ne fait aucun doute qu'à mesure qu'elle réorganise et
restructure son action, l'Alliance doit trouver un moyen d'assurer la mise en oeuvre
cohérente de deux documents clés sur les handicaps, à savoir :
- la politique de l'AFPC sur la fourniture de formats de
substitution aux membres ayant un handicap;
- l'équité en matière d'emploi pour les personnes
handicapées : plan d'action de l'AFPC au sujet des initiatives de l'employeur.
Par ailleurs, la Déclaration de principes nouvellement
adoptée concernant les personnes ayant un handicap exigera un suivi.
CSMH
Pendant que la structure officielle de l'AFPC subit des
changements, les CSMH de tout le pays doivent continuer à se réunir et à partager leurs
expériences. Il faut absolument connaître leurs réactions si l'on veut que les
dirigeantes et dirigeants élus, et le personnel de l'Alliance, soient au fait des succès
et des échecs de la mise en oeuvre des politiques de l'AFPC sur les handicaps. Si les
changements autorisés ne se font pas, les membres ayant un handicap doivent entrer en
communication avec les différents paliers politiques pour voir à ce que les
modifications soient effectuées.
Les membres disposent d'une foule de filières politiques
qu'ils peuvent utiliser à l'intérieur de l'Alliance. Ils peuvent travailler par
l'entremise de leurs sections locales, de leur Élément, de leurs représentantes et
représentants au comité d'accès à l'égalité de l'AFPC et/ou des membres du Comité
exécutif de l'Alliance, en particulier le vice-président ou la vice-présidente
responsable des questions touchant les droits de la personne.
Les membres d'une région donnée doivent non seulement
collaborer à l'intérieur des CSMH, mais ceux qui assurent les contacts au niveau des
différents comités spéciaux des membres ayant un handicap doivent régulièrement
s'échanger de l'information. Les personnes handicapées ne sont pas bien représentées
en milieu de travail et l'isolement conduit facilement à l'immobilisation. C'est encore
une autre raison pour les CSMH d'être officiellement reconnus dans les Statuts de l'AFPC
et d'être dotés d'un budget.
Même si elles sont souvent perçues comme une fin en
elles-mêmes, les conférences peuvent s'avérer des outils pour certains groupes. Comme
nous l'avons souligné précédemment, les membres ayant un handicap sont souvent isolés
et bénéficient grandement de la possibilité de rencontrer des membres et des militants
et militantes comme eux-mêmes, de l'ensemble du pays. Les conférences jouent un rôle
essentiel au niveau de la revitalisation des membres de l'AFPC ayant un handicap au fur et
à mesure qu'ils s'emploient à collaborer davantage à l'action de leur syndicat et à
faire connaître les questions qui les concernent.
Travail de coalition
Pendant que les CSMH font actuellement pression en faveur
de la mise en oeuvre cohérente des politiques se rattachant à leur existence à
l'intérieur du syndicat et en milieu de travail, d'autres groupes de promotion de
l'équité sont en train de faire de même. Ces groupes ont besoin de s'échanger leurs
expériences, leurs connaissances et leurs compétences. À mesure que les résolutions se
rattachant aux questions d'équité (d'ACCÈS '95, d'UNITÉ '96, etc.) chemineront vers
les congrès de 1996 des Éléments et du congrès triennal de 1997 de l'AFPC, les groupes
de promotion de l'équité chercheront à s'appuyer mutuellement en s'efforçant de les
faire adopter. Le fait de travailler dans le cadre d'une coalition aux questions
d'équité à l'intérieur de l'Alliance, des CSMH, des comités d'action des minorités
visibles (CAMV) et des groupes d'appui aux lesbiennes et gais (GALG) peut permettre de
réaliser des progrès sur d'importantes questions d'intérêt mutuel.
Les compressions actuelles chez une vaste gamme
d'employeurs constituent l'un des aspects d'intérêt mutuel. Les rapports des comités
mixtes d'aide à l'adaptation, qui traitent de la réduction des effectifs à l'intérieur
du gouvernement fédéral, commencent à montrer clairement que les personnes ayant un
handicap quittent actuellement le gouvernement fédéral plus vite que celles qui n'en
n'ont pas. Même si l'on pouvait en partie relier cela à l'âge plus avancé de la
population constitué par les gens ayant un handicap, les départs des personnes
handicapées ont continué d'être plus nombreux que prévu jusqu'à la fin de 1995.
Si cela se produit actuellement à l'intérieur de la
fonction publique fédérale, nous pouvons nous attendre à voir se produire la même
chose dans d'autres secteurs. C'est ce qui fait qu'il est on ne peut plus important que
les membres de l'AFPC ayant un handicap collaborent avec les membres des groupes de
promotion de l'équité dans d'autres organisations syndicales et avec les membres
d'associations de personnes handicapées à l'extérieur du mouvement syndical.
Équité en matière d'emploi
Comme nous l'avons souligné précédemment, nous
n'assistons pas actuellement à une augmentation de la représentation des personnes
handicapées dans la fonction publique fédérale en particulier, et nous assisterons plus
probablement à une diminution de leur représentation. La mise en oeuvre en milieu de
travail de la nouvelle Loi sur l'équité en matière d'emploi fédérale est une
occasion pour l'Alliance de coordonner la réponse syndicale à la législation renfermant
des dispositions pour lesquelles l'AFPC s'est battue. Bien qu'elle ne soit qu'à peine
plus rigoureuse qu'elle l'était auparavant, la Loi englobe maintenant de grandes
parties du secteur public fédéral. Elle demande également à l'employeur de consulter
les syndicats au sujet de sa mise en oeuvre.
Les membres de l'AFPC ayant un handicap, leurs dirigeantes
et dirigeants et leurs représentantes et représentants locaux auront besoin d'appui et
de soutien de tous les paliers du syndicat pour tirer le maximum de cette loi à
l'intérieur du combat permanent pour l'équité en matière d'emploi. L'«équité en
matière d'emploi pour les personnes handicapées : Plan d'action de l'AFPC au sujet
des initiatives de l'employeur» fournit un aperçu d'un certain nombre d'engagements que
l'Alliance a pris vis-à-vis de ses membres ayant un handicap relativement aux stratégies
et aux outils à utiliser pour mener ce combat. (Voir l'annexe D.)
Tout en surveillant la progression des plans d'équité en
matière d'emploi à l'extérieur de l'Alliance, l'AFPC devra aussi surveiller la mise en
oeuvre de son propre plan progressif en la matière.
Conclusion
L'Alliance en est, en 1997, à un point tournant en ce qui
a trait à bien des aspects de son existence. Elle peut éprouver un sentiment de
réalisation en regardant derrière elle sur le plan de l'information et de l'organisation
des membres ayant un handicap. L'AFPC est plus forte et plus englobante à cause de cette
action. L'Alliance en est aujourd'hui cependant arrivée à un point crucial dans sa
gestion de l'accessibilité et des commodités pour les membres ayant un handicap. Les
membres lisent dans des déclarations de principes en braille que leur syndicat s'est
engagé à répondre régulièrement à leurs besoins. Les membres qui sont malentendants
assistent en outre à des réunions où des interprètes leur expliquent par signes que
l'Alliance fera en sorte que les documents qu'elle utilise à l'intérieur de ses cours
leur soient accessibles.
Ajoutons à cela le sentiment de tous les membres que le
syndicat doit les tenir au courant de ce qui se fait actuellement pour protéger leurs
intérêts au travail en cette époque de réductions et de compressions. C'est une
époque où l'accessibilité quotidienne de l'information est particulièrement vitale
pour les membres ayant un handicap. Dans ce contexte, l'Alliance réussira vraiment
l'examen si elle réussit à intégrer à l'intérieur de tous les autres changements
qu'elle connaît la matérialisation en cours de l'accessibilité et des commodités dont
ont besoin ses membres ayant un handicap.
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