Égalité des femmes
Condition féminine Canada : ce que nous perdons
Condition féminine Canada (CFC) est l'organisme du gouvernement fédéral chargé de promouvoir l'égalité des femmes… du moins l'était-il encore récemment. Mais le gouvernement Harper a retiré la promotion de l'égalité du mandat de CFC et supprimé cinq millions de dollars de son budget de fonctionnement de 11,5 millions. Cela oblige CFC à réduire de 43 % ses coûts d'exploitation à compter de l'année financière 2007-2008.
Le 25 septembre, soit le jour même de l'annonce des coupes de 5 millions de dollars dans le budget de fonctionnement de Condition féminine Canada, le gouvernement fédéral signalait un excédent de 13 milliards de dollars. Aux dires du nouveau gouvernement canadien, les coupes à CFC faisaient partie du « gras à couper ».
Le 28 novembre, le jour où Condition féminine Canada a révélé comment les coupes de 43 % seraient appliquées, Bev Oda, la ministre responsable de la Condition féminine, déclarait « nous n'avons pas à séparer les hommes des femmes dans ce pays ». Puis elle ajoutait que l'ensemble du gouvernement était responsable de l'élaboration de politiques et de programmes visant à répondre aux besoins des hommes et des femmes.
Toutefois, il y a un problème : les femmes n'ont pas encore atteint l'égalité au Canada. Le gouvernement fédéral n'a manifestement pas fait suffisamment d'efforts pour que l'égalité devienne une réalité.
Les coupes à Condition féminine Canada ne feront qu'empirer les choses, et le « nouveau gouvernement du Canada » aura moins de comptes à rendre au sujet de ses piètres résultats dans le dossier de l'égalité des femmes.
Le 28 novembre, Condition féminine Canada révélait comment seraient appliquées les coupes de 43 % dans son budget de fonctionnement. Aucune consultation n'a eu lieu avec les groupes de femmes et autres organismes intéressés, ni même avec le Comité permanent de la condition féminine, composé de députées. Nous savons par ailleurs qu'un expert-conseil du secteur privé a été embauché pour aider au processus des compressions.
Les coupes ont été présentées comme des mesures d'« efficacité administrative ». L'exercice a été décrit en termes d'« économies réalisées ».
Conséquences des coupes à CFC
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Au total, 61 des 131 postes seront supprimés dès le 1 er avril 2007. La majorité de ces postes sont occupés par des membres de l'AFPC. Les avis de renvoi ont commencé à arriver aux bureaux de CFC partout au pays.
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L'équipe de gestionnaires supérieurs passe de 7 à 6, et un nouveau poste de coordonnateur adjoint est créé.
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Douze des 16 bureaux régionaux ferment dans les collectivités suivantes : Vancouver, Saskatoon, Winnipeg, Thunder Bay, Toronto, Hamilton, London, Ottawa, Ste-Foy, Halifax, Charlottetown et St. John's.
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La présence de Condition féminine Canada se limitera à quatre « points de service » : Edmonton, Ottawa (administration centrale), Montréal et Moncton.
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Les membres du personnel des bureaux régionaux ne représenteront plus CFC au sein des conseils fédéraux et d'autres organismes gouvernementaux. Ils n'assureront plus la liaison avec leurs homologues provinciaux et territoriaux. Leur mandat de communiquer des informations au grand public sera restreint. L'aide technique offerte aux groupes de femmes se limitera aux groupes prioritaires – les femmes autochtones et immigrantes.
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Le financement direct aux groupes de femmes, notamment à l'initiative Sœurs d'esprit, n'est pas réduit. Cependant, les fonds ne peuvent plus servir à la recherche et à la défense des droits.
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CFC financera désormais des groupes à but lucratif. Interrogée sur ce que cela signifiait, Bev Oda a répondu au Comité permanent de la condition féminine que cela visait à offrir à ces associations de femmes du soutien « afin qu'elles puissent tenir leurs galas d'excellence, célébrer, soutenir les programmes de mentorat, organiser des conférences au cours desquelles des entrepreneures expliquent comment améliorer son entreprise ». (Bev Oda, lors de sa comparution devant le Comité permanent de la condition féminine, le 5 octobre 2006.)
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CFC devra bénéficier de commandites de Patrimoine canadien ou établir des alliances avec ce ministère pour produire du matériel d'information et de sensibilisation sur le Mois de l'histoire des femmes, la Journée nationale de commémoration et d'action contre la violence faite aux femmes (le 6 décembre), le Prix du Gouverneur général en commémoration de l'affaire « personne », et d'autres événements commémoratifs.
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Le Fonds de recherche en matière de politiques est supprimé. Le Fonds était une initiative exceptionnelle ayant pour but de soutenir la recherche indépendante (à l'extérieur du gouvernement) sur une grande variété d'enjeux d'intérêt pour les femmes au Canada. Mais pas n'importe quelle recherche – la recherche pouvant servir de base à l'élaboration de politiques favorables à l'égalité des femmes. Au cours de ses 10 années d'existence, le Fonds a financé et publié plus de 75 études dans les deux langues officielles. Ces études ont été utilisées par les décisionnaires de tous les ordres de gouvernement, les universités, les groupes de femmes, les gouvernements étrangers et les agences internationales, et elles ont été citées dans des mémoires adressés à la Cour suprême du Canada.
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Les relations entre le gouvernement fédéral et ses homologues provinciaux et territoriaux chargés de la condition féminine seront limitées. Le leadership fédéral et les initiatives conjointes fédérales, provinciales et territoriales comme le récent rapport de Statistique Canada intitulé « Mesure de la violence faite aux femmes » (publié en octobre 2006) et le Forum national sur les politiques autochtones (mai 2006) ne seront plus possibles.
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Sur le plan international, les coupes à CFC restreindront la capacité du gouvernement d'intervenir en faveur de l'égalité économique, sociale et politique des femmes aux Nations Unies et à d'autres tribunes internationales. Alors que la communauté internationale appuie fermement la création d'un organisme des Nations Unies voué à la coordination, à la promotion et à l'avancement des questions des femmes, le Canada fait tout le contraire lorsqu'il s'agit de son propre appareil gouvernemental.
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CFC ne pourra plus concevoir ni adopter des politiques visant à promouvoir l'égalité des femmes. Il ne sera plus difficile de mettre en lumière les nouveaux obstacles auxquels les femmes sont confrontées, comme par exemple la traite des femmes. Le travail d'élaboration de politiques se limitera à aider les ministères et les organismes centraux à effectuer des « analyses comparatives entre les sexes » pour l'élaboration et la mise en œuvre de programmes.
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Puisqu'il n'y aura plus beaucoup d'informations à communiquer, le volet communication de Condition féminine Canada se limitera essentiellement à des activités de soutien à la ministre.
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L'expertise interne du gouvernement fédéral sur les questions de politique d'intérêt pour les femmes ne sera plus mise à contribution.
En s'acharnant ainsi sur CFC, le gouvernement Harper a manifestement trahi les Canadiennes et les Canadiens qui se sont dévoués pour garantir un soutien aux systèmes et programmes qui favorisent l'égalité.
Le personnel de CFC a travaillé fort pour défendre les intérêts des femmes de partout au Canada. Ce personnel est affecté aux programmes, à la recherche, à l'analyse des politiques, aux communications, à la gestion, ainsi qu'au soutien administratif et technique.
Revitaliser Condition féminine Canada
Nous ne resterons pas là sans broncher. Nous allons riposter. Voici ce que nous voulons : revitaliser Condition féminine Canada.
Date de modification : 2010/02/03






